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Sur le site du Bau de lAubésier en France :
Découverte majeure de trois fossiles humains pré-néandertaliens par une équipe dirigée par Serge Lebel de lUQAM Montréal, le 19 septembre 2001 -- Serge Lebel, professeur associé au Département des sciences de la Terre et de latmosphère de lUQAM, faisait une étonnante découverte à la fin de lÉcole de fouilles sur le site archéologique du Bau de lAubésier, dans le Vaucluse, au sud-est de la France, en juillet 2000. Dans une couche de sédiments et sous une aire de combustion (foyer) datant denviron deux cent mille ans, il a mis à jour trois fossiles humains, une mandibule et deux dents, quil qualifie de " découverte émouvante, après autant de milliers dannées denfouissement ". Plus tard, le chercheur et son équipe scientifique ont constaté quil sagissait en fait de fossiles humains provenant de trois êtres distincts. Ils sont plus vieux que les Néandertaliens, qui ont vécu en Europe entre trente et cent mille ans avant notre ère, puisquils datent denviron cent soixante-quinze à deux cent mille ans. La mandibule est unique et originale et révèle un aspect méconnu et surprenant du comportement social de ce groupe de pré-néandertaliens. En effet, les chercheurs ont pu diagnostiquer une sérieuse infection de la mâchoire, qui a causé la perte des dents de cet individu. Malgré cette pathologie et en dépit du fait quil ne pouvait pas mastiquer, celui-ci (on ignore sil sagit dune femme ou dun homme) a réussi à survivre pendant une longue période de temps, possiblement des années. Les chercheurs croient quil aurait été nourri et aidé par des membres de son groupe dappartenance. Certains émettent lhypothèse que ces derniers utilisaient leurs dents pour découper la nourriture, puis la faisaient cuire avant de la mastiquer eux-mêmes pour pouvoir nourrir le malade. Exception faite des mères qui nourrissent leurs petits, les primates non humains nalimentent généralement pas leurs semblables. Ceux qui perdent leurs dents meurent tout simplement de faim. Avant cette découverte, on présumait quun tel comportement " altruiste " nétait apparu que chez des êtres humains ayant vécu il y a environ cinquante mille ans. Les chercheurs concluent que ces humains pré-néandertaliens possédaient des comportements sociaux et des habiletés technologiques beaucoup plus avancés que ceux connus jusquà aujourdhui. Ces humains archaïques, qui vivaient dans labri sous roche du Bau de lAubésier, étaient costauds, avaient un faciès large, mais leur aspect était humain. Ils se seraient adaptés aux conditions difficiles des époques glaciaires. Lusure des deux dents trouvées sur le même site indique quils se servaient de leurs mâchoires non seulement pour mastiquer la nourriture, mais aussi pour saisir des objets et découper des matériaux. Laire de combustion et les autres objets ou témoins archéologiques trouvés sur le site montrent quils faisaient des feux pour cuire leurs aliments et séclairer; ils se servaient également doutils laminaires en pierre pour leurs travaux manuels et doutils de bois pour chasser le gros gibier. Cette découverte inédite met à jour des fossiles parmi les plus anciens de ces lointaines populations du sud-est de la France. Un article savant que lon peut consulter en ligne Un article consacré à lanalyse de cette découverte sera publié dans lédition du 25 septembre 2001 de la prestigieuse revue scientifique américaine Proceedings of the National Academy of Science (PNAS). Le spécialiste du Néandertal de renommée mondiale, Erik Trinkaus, professeur danthropologie à la Washington University de St. Louis et les huit autres membres de léquipe internationale, ont cosigné cet article de 28 pages, que les médias peuvent consulter en ligne dès maintenant à ladresse suivante : www.pnas.org Équipe scientifique du Bau de lAubésier : Serge
Lebel,
directeur de léquipe, Département des sciences de la Terre et de
latmosphère, Université du Québec à Montréal ; Erik
Trinkaus, Washington University, St. Louis (É.-U.) ; Martine Faure, Université
Lumière-Lyon (France); Philippe Fernandez et Claude Guérin, Université Claude
Bernard-Lyon, (France); Norbert Mercier et Hélène Valladas, Laboratoire des Sciences
du Climat et de lEnvironnement (France) ; Daniel Richter, Instituto Tecnológico e
Nuclear (Portugal); et Günther A. Wagner, Heidelberger Akademie der Wissenschaften
(Allemagne). |
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