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Quels sont les éléments qui ont modifié
la pensée constitutionnelle de Robert Bourassa ?
Montréal, le 14 mars 2002 -- Lhistoire de la pensée constitutionnelle du Parti libéral du Québec, qui sera abordée lors du colloque Robert Bourassa les 20, 21 et 22 mars, reste intimement liée aux multiples efforts de Robert Bourassa pour normaliser les relations entre le Québec et le Canada. « Le Premier ministre du Québec doit toujours se battre davantage que tous les chefs des autres gouvernements au Canada. Étant 5 millions contre 250 millions, je pense que nous sommes nés pour nous battre », déclare Robert Bourassa en 1977 ( Raymond St-Pierre, Les Années Bourassa.) Depuis le rapport Gérin-Lajoie (1967) − la réponse de la Fédération libérale du Québec aux propositions de souveraineté-association de René Lévesque, alors ministre du cabinet de Jean Lesage − jusquà lentente Meech-Langevin, on peut noter une certaine constance dans les avancées constitutionnelles de Robert Bourassa. Si le rapport Gérin-Lajoie parlait du Canada comme étant une confédération, un état binational, Robert Bourassa nhésitait pas, par ailleurs, à réclamer pour le Québec un certain « statut particulier », sa reconnaissance comme société distincte et une plus grande autonomie législative et financière. À la suite à sa première élection en 1970, Robert Bourassa affirmait que le statu quo était inacceptable et que le fédéralisme canadien devait évoluer vers une certaine reconnaissance de la spécificité propre du Québec au sein du Canada. Il se fera un ardent défenseur de la volonté politique du Québec dexercer tous ses pouvoirs dans ses champs de compétence, tout en cherchant à encadrer davantage le pouvoir de dépenser du gouvernement fédéral. Il le démontra clairement lors de la conférence constitutionnelle de Victoria en 1971. Robert Bourassa a pleinement souscrit au projet de « réconciliation nationale » proposé par le Premier ministre canadien, Brian Mulroney. Robert Bourassa voulait normaliser les relations constitutionnelles du Québec avec le Canada au lendemain du rapatriement de la constitution canadienne (1982). Derrière la symbolique de cette main tendue du Québec au Canada, le rejet par ce dernier de lentente Meech-Langevin et plus tard de lentente de Charlottetown, ébranleront vivement sa conception du fédéralisme canadien et la capacité du Canada à trouver un terrain de compromis avec le Québec. Durant toute sa vie politique, et sans dévier de son objectif dharmoniser les relations Québec-Canada, il a voulu trouver une route constitutionnelle permettant, tant aux Québécois quaux Canadiens, de poursuivre leur rêve national. Sil a toujours cru en la bonne foi de ses interlocuteurs canadiens, et à leur capacité de saisir que le statu quo constitutionnel dans les relations Québec-Canada représentait davantage un état transitoire quune réponse pragmatique aux demandes du Québec, il a également souhaité que dautres premiers ministres provinciaux prennent certaines initiatives afin de poursuivre avec le Québec un dialogue constructif. Programme complet et renseignements pour la presse : Source : Guy Lachapelle, professeur de science politique,
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