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Lancement du livre L'alphabétisation en question,
une collaboration de la Boîte à lettres de Longueuil, de l'UQAM et
de chercheures autonomes
Montréal, le 24 mars 2003 - Des chercheures de l'UQAM, de la Boîte à lettres de Longueuil, du milieu de l'alphabétisation, ont lancé aujourd'hui le livre L'alphabétisation en question, au Centre d'études universitaires de la Montérégie de l'UQAM. Résultat d'une recherche de plus de cinq ans, cet ouvrage propose un renouvellement des pratiques d'intervention en alphabétisation à partir d'une analyse du rapport à l'écrit. Au cœur de la démarche de recherche, se trouve la réappropriation de la lecture et de l'écriture comme condition du développement humain et social. Le lancement se déroulait en présence de nombreux invités dont Mme Pauline Marois, Vice-première ministre du Québec, M. Denis Lamoureux, président du conseil d'administration de la Boîte à lettres de Longueuil (BÀL) et M. Roch Denis, recteur de l'UQAM. Ce livre est d'abord destiné à toutes les personnes qui interviennent dans le rapport à la lecture et à l'écriture, formateurs et animateurs d'adultes en alphabétisation, enseignants et futurs enseignants au primaire et au secondaire, professionnels, animateurs et chercheurs en sciences de l'éducation. Il s'adresse également à toute personne curieuse de ces activités que sont la lecture et l'écriture. Un livre au cœur de la problématique de l'analphabétisme L'écrivain Bruno Roy affirme dans la préface de l'ouvrage : « Au Québec, on compte plus d'un million de personnes peu ou pas à l'aise avec la lecture et l'écriture. De plus la proportion des élèves en difficulté dans les écoles a triplé depuis 15 ans. » Comment expliquer cette situation ? Quelles sont les ressources nécessaires pour apprendre à lire et à écrire ? Comment se développent les personnes qui n'ont pas intégré ces connaissances de base ? Voilà quelques questions auxquelles ce livre apporte des réponses. L'alphabétisation en question est le fruit d'une recherche-action-formation menée par la Boîte à lettres, un organisme populaire d'alphabétisation de la Rive-Sud, sous la coordination de Danielle Desmarais, professeure à l'École de travail social de l'UQAM, avec l'étroite collaboration de Louisette Audet, Suzanne Daneau, Martine Dupont et Françoise Lefebvre, membres du comité de coordination de la recherche. La première partie de l'ouvrage présente d'abord en résumé le parcours biographique de 10 personnes qui ont développé un rapport dynamique à l'écrit, toutes impliquées dans la recherche, de même que le parcours de 34 jeunes inscrits à l'atelier Autobiographie de la BÀL. Les jeunes racontent : « J'avais beaucoup de problèmes de famille et je n'avais jamais la tête à mes affaires à l'école. » - « Une bonne partie de mon enfance je l'ai passée à l'hôpital. » - « Les médecins ont dit qu'il n'y avait rien à faire pour me faire parler, que je suis atteint de mongolisme de parole. » La deuxième partie propose de nouvelles pratiques mises en place par la BÀL et une nouvelle approche de l'alphabétisation. Dans la préface, Bruno Roy nous explique que le jeune, par le récit autobiographique du lien qu'il a développé en bas âge avec la lecture et l'écriture, apprend à se distancer de son propre vécu, à transformer ce lien à l'écrit et à le redynamiser. Lorsque le rapport à l'écrit se transforme, l'écriture elle-même se transforme. « À force d'écrire et de lire, on vient qu'à aimer ça. » - « Apprendre à lire et à écrire, ça veut dire s'aimer mieux. » - « En faisant le récit, c'est comme si j'avais le pouvoir de faire les choses que je rêve. » Ainsi, en se réappropriant la lecture et l'écriture, les jeunes se réapproprient du même coup leur citoyenneté, nous souligne Riccardo Petrella, conseiller en éducation à l'Union Européenne, qui rédige la postface. La production de L'alphabétisation en question a été rendue possible grâce à la Direction des ressources humaines du Canada, via le Secrétariat national à l'alphabétisation (SNA), à madame Pauline Marois vice première ministre du Québec, au CRSH, ainsi qu'à différentes unités de l'UQAM : le Service aux collectivités (SAC), l'École de travail social et le Comité d'aide à la publication. La recherche a reçu l'appui du ministère de l'Éducation. La Boîte à lettres de Longueuil La Boîte à lettres de Longueuil est un groupe populaire d'alphabétisation qui œuvre depuis près de 20 ans auprès de jeunes adultes de 16 à 25 ans qui cherchent à s'alphabétiser après avoir passé une dizaine d'années sur les bancs de l'école. Un de leurs objectifs est de lutter contre l'exclusion et la marginalisation sociale. L'UQAM en Montérégie Le Centre d'études universitaires de la Montérégie de l'UQAM, est situé dans les locaux du Complexe Saint-Charles, en face du métro Longueuil. Il offre à plus de 1000 étudiants, majoritairement de la Rive-Sud, toute une gamme de programmes d'études dans les domaines de la gestion, des arts, de l'éducation, des lettres, langues, communications et des sciences humaines. Des cours peuvent aussi être offerts dans d'autres villes de la Rive-Sud, sur demande, là où le nombre d'inscriptions le justifie. Des formations spécialisées sur mesure peuvent également être données en entreprise ou au Centre. Le CEU de la Montérégie sert
également de centre de référence en ce qui concerne tous
les programmes offerts à l'UQAM. À ce titre, il peut recevoir les
demandes d'admission des futurs étudiants. |
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