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Dominique Blain. Monuments à la Galerie de l'UQAM
Montréal, le 10 février 2004 - La Galerie
de l'UQAM présentera, avec la collaboration du Musée national des
beaux-arts du Québec, Monuments, une imposante installation de Dominique
Blain, du 27 février au 3 avril prochain. Monuments Dans un monde marqué par la perte de repères, l'artiste montréalaise Dominique Blain ausculte le présent à la lumière d'un passé perpétuellement documenté. Comme artiste, elle s'intéresse à la distance entre le réel et sa représentation, de même qu'aux ambivalences de l'humain. Avec Monuments, une installation fort impressionnante prêtée par le Musée national des beaux-arts du Québec, Blain s'intéresse à la protection des œuvres d'art en temps de guerre et évoque plus spécifiquement la situation de Venise lors de la Première Guerre mondiale. Alors que des conflits très graves se déroulent en ce moment même et pratiquement sous nos yeux, que l'on pense à Bagdad, Kaboul ou récemment à Sarajevo, cette œuvre monumentale ouvre sur des réflexions profondes sur le sens de l'art, par exemple, la sauvegarde de la vie humaine, celle du patrimoine, la mémoire universelle, l'identité, la responsabilité de l'État, celle des intellectuels, des artistes, des citoyens. Les œuvres de Dominique Blain sont le plus souvent élaborées à partir d'images témoins de l'histoire sociale, politique et économique des cent dernières années, extraites du champ documentaire en vertu des potentialités qu'elles libèrent sous le regard contemporain. Elles sont livrées à des transformations matérielles, sémantiques et symboliques souvent complexes et se retrouvent stratégiquement intégrées à des objets trouvés ou créés de toute pièce par l'artiste. Ainsi, Monuments réunit deux types d'objets : une série de 12 photographies aux dimensions variées et une très volumineuse caisse faite de vieilles planches, entourée de cordages et campée au centre de la Galerie. Les photographies témoignent du sauvetage de plusieurs œuvres appartenant à des collections vénitiennes. Elles portent des titres tels que La descente des chevaux de Saint-Marc, L'Assomption du Titien aux portes de l'Académie, L'Assomption transportée sur les eaux, La Descente d'une toile du Tintoret à la Scuola di San Rocco, La Crucifixion du Tintoret à la Scuola di San Rocco, Le Transport de Paradis du Tintoret, L'Ensevelissement des statues à l'église San Giovanni et San Paolo. La caisse, on le comprend en regardant les images, est une réplique de celle ayant servi au transport de L'Assomption du Titien, du musée de l'Académie à Venise, vers des abris successifs où elle a été cachée pour assurer sa protection pendant la Première Guerre mondiale (1914-1918). Les images de Monuments présentent un aspect fantomatique qui atteste son origine - des documents photographiques anciens imprimés dans un livre, rephotographiés et agrandis au point où la résolution de l'image s'en voit quelque peu altérée. Bien qu'elles soient traitées en négatif, elles présentent de nombreuses analogies avec la peinture, par leur mode de composition élaboré dans l'esprit des tableaux religieux et par leur insertion dans des encadrements ouvragés. Parodies de l'histoire sainte et de l'histoire de l'art, elles sont emblématiques aussi bien du devoir de sauvetage de l'art que de celui de la religion. Certaines scènes représentent d'étranges cortèges faisant allusion aux processions religieuses typiques du culte catholique, chemins de croix ou chemins de gloire, pour le salut de l'humanité, de Dieu ou de l'art. Sur d'autres images, des personnages manifestent le respect et la déférence. Ils témoignent d'une dévotion à ces œuvres qu'il faut soustraire aux menaces de guerre. À nouveau, le travail de Dominique Blain nous éclaire sur les réalités parfois graves du monde dans lequel nous vivons, car elle nous force à nous demander quel sens revêt la protection aujourd'hui, dans un siècle marqué par des dévastations insensées mais également par des mobilisations universelles sur le sort de l'être humain. Biographie de l'artiste Dominique Blain est née à Montréal en 1957. Elle vit à Montréal. Elle a exposé au Canada, aux États-Unis, en Europe et en Australie. Elle a participé entre autres à la Biennale de Sydney en 1992 et à d'importantes expositions collectives à la Kunstverein de Francfort, au Stedelijk Museum d'Amsterdam et au Louisiana Museum de Copenhague. Le Arnolfini de Bristol a organisé une exposition itinérante de ses œuvres dans cinq institutions du Royaume-Uni en 1997-1998. Au même moment, le Musée national des beaux-arts du Québec lui consacrait une exposition majeure qui fut présentée, outre à Québec, au Ansel Adams Center de San Francisco et à la Sala 1 à Rome. Elle a exposé à deux reprises à la Galerie de l'UQAM : Cartographies variables en 1993 et Are You Talking to Me? Conversation(s) en 2003. Elle réalise en ce moment une œuvre qui sera intégrée à l'architecture de la Bibliothèque nationale du Québec. Publication Dans le cadre de l'exposition Monuments, la Galerie publie un livre sur les rapports entre l'art et la guerre. La commissaire de l'exposition, Louise Déry, s'attarde à l'analyse de l'œuvre de Dominique Blain, en plus d'ouvrir sur les patrimoines martyrs et sur la sauvegarde des biens culturels. Le philosophe Georges Leroux y réfléchit, à partir de l'œuvre de Blain, au sens du monument comme témoin de la mémoire universelle. Anne-Marie Ninacs, du Musée national des beaux-arts du Québec, se concentre sur une lecture spécifique de l'œuvre Monuments et finalement, John R. Porter, directeur de ce musée, reprend la saga des trésors polonais sauvegardés au Canada au moment de la Deuxième Guerre mondiale. L'ouvrage paraîtra à la fin mars. Programmes publics Dans le cadre de l'exposition, la Galerie de l'UQAM offre un programme d'accueil pour les groupes intéressés à approfondir la visite de l'exposition par des ateliers de discussion. L'ensemble du projet Dominique Blain. Monuments est réalisé avec l'appui du ministère du Patrimoine canadien dans le cadre du programme de consolidation des arts et du patrimoine canadiens et celui du Conseil des Arts du Canada. Adresse et heures d'ouverture UQAM, pavillon Judith-Jasmin, salle J-R1201400, rue Berri (angle Sainte-Catherine Est), Montréal Du mardi au samedi, de midi à 18 heures - Entrée libre Renseignements Source : Huguette Lucas, agente d'information Division des relations avec la presse et événements spéciaux Service des communications Téléphone : 987-3000, poste 6832# Télécopieur : 987-3251 Courriel : lucas.huguette@uqam.ca 04-026 |
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