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Selon une étude du professeur Léo-Paul
Lauzon
Les grandes banques canadiennes ne devraient pas
fusionner
Montréal, le 27 avril 2004 --
Selon une étude publiée par le professeur
Léo-Paul Lauzon, titulaire de la Chaire d'études socio-économiques,
les grandes banques canadiennes ne devraient pas être autorisées
à fusionner, bien qu'elles exercent des pressions constantes sur le
gouvernement fédéral pour obtenir cette permission en invoquant
la nécessité de faire face à la concurrence
internationale.
L'étude avance plusieurs arguments pour
démontrer que les banques n'ont pas besoin de liquidités pour
gérer une expansion considérée comme nécessaire. La
Chaire d'études socio-économiques a analysé les rapports
annuels des six principales banques canadiennes, soit, par ordre de grandeur :
les banques Royale, Scotia, de Montréal, CIBC, TD et Nationale. Cet
examen, mené sur une période de douze ans (1992-2003), relève
l'évolution des bénéfices nets et le rendement de ces six
institutions. En 1992, les six banques ont réalisé un
bénéfice net cumulé de 1 844 M $ et, douze ans plus tard
(en 2003), ce bénéfice cumulé passait à 11 070 M $,
soit une augmentation de 500 %. En 2003 seulement, les six banques ont
réalisé des bénéfices record cumulés en
hausse de 58,3 % par rapport à l'année 2002.
Au cours des douze dernières années, les
six banques ont retourné à leurs actionnaires sous formes de
dividendes et de rachats d'actions, plus de 46 milliards de dollars, soit 57,1
% des bénéfices nets réalisés. Elles ont retourné
à leurs actionnaires 90,3 % des profits nets réalisés en
2001. Sur douze ans, le taux de rendement moyen des détenteurs d'actions
ordinaires des six banques a varié entre 14,7 % (CIBC) et 19,0 % (Banque
de Nouvelle-Écosse). Pour l'année 2003 seulement, ce taux a
oscillé entre 18,3 % (Banque Royale) et 45,1% (CIBC).
Léo-Paul Lauzon conclut que cette abondance de
richesses créées dans le secteur bancaire est faite sur le dos
des consommateurs, des gouvernements, des employés, des régions
et des petites et moyennes entreprises. Ceux qui profitent de cette croissance,
ce sont les actionnaires, par les
dividendes et le rendement sur le cours des actions, ainsi que les dirigeants,
par de très hauts salaires, des régimes de retraites confortables
et des programmes d'options d'achats d'actions extrêmement avantageux. La
répartition de la richesse n'est pas au rendez-vous. Il recommande que
le gouvernement fasse pression sur ce qu'il nomme l'oligopole ou « cartel
de fait » des banques pour corriger les aberrations que les lois du
marché invoquées par les tenants de la libre entreprise ne
peuvent contrôler. Il recommande non seulement d'interdire les fusions de
banques, mais aussi les fusions entre banques et compagnies d'assurance,
autorisées au nom de la diversification depuis que le gouvernement
fédéral a adopté des politiques de décloisonnement
en 1987. Il suggère aussi de réglementer les frais bancaires,
d'augmenter le taux d'imposition de ce secteur et de modifier les lois fiscales
qui permettent aux dirigeants de bénéficier de nombreux avantages
fiscaux.
Renseignements et copie de l'étude :
Léo-Paul Lauzon, professeur
Département des sciences comptables
Titulaire de la Chaire d'études
socio-économiques
Tél. : (514) 987-3000, poste 3954 # / Courriel :
lauzon.leo-paul@uqam.ca
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Source: André Valiquette, conseiller en relations
de presse
Division des relations avec la presse et
événements spéciaux
Service des communications de l'UQAM
Université du Québec à Montréal
Tél. : (514) 987-3000, poste 3268#
Téléc. : (514) 987-3251
valiquette.andre@uqam.ca
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