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ALLOCUTION DE REMERCIEMENT LORS DE LA REMISE DU PRIX D'EXCELLENCE EN
ENSEIGNEMENT DE L'UNIVERSITÉ DU QUÉBEC
QUÉBEC, 1er SEPTEMBRE 2005
Monsieur le Président de l'Université du Québec,
Monsieur le recteur de l'UQAM,
Distingués invités,
Chers collègues et chers amis,
C'est avec beaucoup d'émotion et de gratitude que je reçois l'honneur que
l'Université du Québec m'accorde aujourd'hui. En m'adressant à vous,
je voudrais dire surtout mon sentiment de reconnaissance envers une institution qui m'a
porté, je dirais presque sur les fonts baptismaux, depuis mon insertion dans la
première cohorte de professeurs de l'UQAM en 1969 jusqu'aujourd'hui.
Il est loin — sans l'être vraiment, puisque j'en suis encore le
témoin —, le temps où l'Université du Québec,
inaugurée dans un mouvement sans précédent de création
institutionnelle dans l'éducation, formait pour ainsi dire son propre concept. Il fallait
tout inventer. J'ai bien connu plusieurs de ceux qui en furent justement les concepteurs, j'ai
été formé dans cette pensée de la valeur de l'enseignement et de la
place des étudiants qui étaient et demeurent pour nous des valeurs essentielles.
Toute ma reconnaissance va donc d'abord à une institution qui m'a encouragé, depuis
toujours, à investir dans l'enseignement, à renouveler les modèles, à
inventer partout où l'évolution du savoir l'exigeait. Je pourrais raconter
beaucoup de choses, nommer beaucoup de personnes, je me limiterai à ceci : dans ces
efforts, je n'ai jamais été seul, depuis le début, j'ai été
soutenu. Je me suis engagé sur plusieurs fronts, autant dans ma discipline de la
philosophie grecque qui était en péril dans la tourmente des années
soixante que dans les programmes d'humanités et dans les structures multidisciplinaires
qui sont encore mes défis principaux. Le recteur Roch Denis qui me présente
aujourd'hui avec tant d'amitié n'est que le plus récent d'une série de
collègues estimés et généreux qui ont cru dans mes projets et m'ont
accompagné. À travers sa personne, je remercie toute l'UQAM, et en particulier la
Faculté des sciences humaines, qui constitue un milieu de vie et de recherche où
la passion de transmettre se renouvelle tous les jours. Mon département a été
un des premiers laboratoires pédagogiques de l'Université, Léo Dorais qui a
écrit sur nous un petit livre qui fait sourire trente-cinq ans plus tard avait compris que
les philosophes ne font rien comme les autres. Il n'a pas cessé de l'être et je
remercie aussi mes collègues du département de philosophie.
Ma reconnaissance va tout particulièrement à une collègue, Mme Janick
Auberger. Professeure au département d'histoire, spécialiste d'histoire grecque,
philologue passionnée des langues anciennes, elle m'a donné lors de son
arrivée à l'UQAM en 1990 un véritable électrochoc. Alors que je
m'étais résigné dans plusieurs situations à des compromis sans
avenir, elle m'a invité à relever les manches : ensemble nous avons reconstruit
l'enseignement du grec et du latin, qui sont les fondements de la culture que nous étudions,
nous avons refait les programmes, nous avons créé le programme multidisciplinaire
"Histoire, culture et société" qui fait notre fierté, et nous avons pris au
sérieux notre responsabilité de transmettre en la gardant vivante une culture que
nous aimons, et qui est notre culture d'origine. Je n'ai pas de mots pour la remercier, nous avons
célébré l'été dernier à Delphes les dix ans de nos
voyages d'études dans le monde gréco-romain, et le nombre de nos étudiants
d'histoire et de philosophie grecque va croissant. Je voudrais donc partager ce prix avec elle.
Au cours des années, j'ai connu beaucoup d'étudiants, je voudrais en terminant
leur adresser des remerciements particuliers : tous ceux qui ont une expérience de
l'enseignement savent qu'aucun professeur ne demeurerait dans le métier s'il n'était
constamment stimulé et récompensé par ses étudiants. Chacun est un
défi et autant dans les groupes nombreux où les noms propres s'effacent que dans
la direction de recherche où chacun est appelé à devenir ce nom unique, il
y a toujours des étudiants que j'appellerais les "porteurs". Ce sont eux et elles qui
vous tiennent, dans certains cas ce sont eux et elles qui vous guident, et ce sont toujours
eux et elles qui vous disent en secret : continue, tu le fais pour moi. Ces porteurs n'ont
cessé de me porter, à chacun je voudrais dire ma reconnaissance pour la vie
qu'ils ont rendue possible pour notre communauté. Ce prix leur revient donc en premier.
GEORGES LEROUX
![[Vers le haut]](http://www.uqam.ca/img/liste/flechehaut.gif)
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