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UQAM ›  Événements ›  11e conférence internationale des journaux de rue : « Les journaux de la rue pour un changement social, local et global »

L'Itinéraire

Du 8 au 10 juin 2006

11e conférence internationale des journaux de rue : « Les journaux de la rue pour un changement social, local et global »

L'Itinéraire, en collaboration avec le Service aux collectivités de l'Université du Québec à Montréal (UQAM), accueillent une centaine de représentants des journaux de rue de partout dans le monde dans le cadre de la 11e conférence internationale des journaux de rue qui se déroule du 8 au 10 juin au pavillon Judith-Jasmin de l'UQAM (405, rue Sainte-Catherine Est).

Sous le thème « Les journaux de rue : pour un changement social, local et global », l'objectif de cette conférence est de stimuler le débat sur l'importance de lutter contre la pauvreté et d'affirmer que l'information doit être un instrument d'équité et de création de solidarités sociales pour favoriser un meilleur partage des richesses, tant au niveau local qu'international. Elle permettra l'échange de solutions novatrices pour diminuer la pauvreté, mais sera aussi un moment de réflexion sur la capacité du réseau international des journaux de rue d'apporter une information qui ne se retrouve pas toujours dans les médias traditionnels.

Parmi les événements majeurs de cette conférence, une rencontre publique, intitulée Image de la pauvreté ou la pauvreté en images?, a lieu le jeudi 8 juin à 19 heures, au Studio-théâtre Alfred-Laliberté de l'UQAM, situé au pavillon Judith-Jasmin (J-M400). Cette rencontre, animée par la journaliste Anne-Marie Dussault, analysera le rôle des médias et des institutions dans la représentation de la pauvreté et la création de solidarités. On pourra entendre les propos de Shirley Roy, directrice du collectif de recherche sur l'itinérance, la pauvreté et l'exclusion sociale de l'UQAM, Mel Young, président du Réseau international des journaux de rue (INSP), Alain Gravel, président de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec, et Walter Moser, directeur de la Chaire de recherche du Canada en transferts littéraires et culturels de l'Université d'Ottawa.

Le rôle des journaux de rue contre les fondements sociaux de la pauvreté
« La population est consciente que la pauvreté est de plus en plus importante et grave, souligne Serge Lareault, éditeur de L'Itinéraire. Le grand sondage mondial de Léger Marketing et Gallup démontre que la pauvreté est la première préoccupation de la population de la planète. Mais bien entendu, pour des considérations différentes et selon un contexte qui n'est pas partout le même. »

Dans les pays en développement, on sent une stagnation de l'aide internationale et peu d'évolution pour mettre fin à la faim. De plus, le terrorisme international repose souvent sur des questions de pauvreté et d'exclusion de populations entières aux droits humains fondamentaux. En ce moment, la situation au Darfour remet encore une fois en cause l'inaction des pays occidentaux pour éviter de grandes tragédies, famines et génocides.

Dans les pays occidentaux, l'écart entre les riches et les pauvres ne cesse de s'élargir. Toutes les grandes villes connaissent un accroissement de la population des sans-abri et même si le sondage mondial démontre que la situation préoccupe les gens, on ne voit nulle part des politiques actives pour régler la situation. Au Québec, notamment, le gouvernement ne cesse de se faire reprocher son inaction en ce domaine. Une étude récente a démontré que la situation au Canada ne cesse de se détériorer : les riches se sont enrichis et les pauvres se sont appauvris; chiffres à l'appui, la classe moyenne disparaît.

Est-ce que les médias traditionnels présentent suffisamment et convenablement la problématique de la pauvreté et les iniquités dans le partage des richesses, tant sur la scène locale qu'internationale? Quel est le rôle des journaux de rue contre les fondements sociaux de la pauvreté?

Dans la lutte contre la pauvreté, l'information et l'image véhiculées jouent un rôle. Par exemple, alors qu'au Canada et aux États-Unis, on assiste, selon les récentes données publiques, à une baisse de la criminalité, particulièrement chez les jeunes, l'information véhiculée par les médias et le discours politique laissent croire que la situation est catastrophique. Aux États-Unis, c'est la population noire qui est constamment victime de répression et qui fait la manchette des bulletins de nouvelles alors que là aussi, on enregistre une baisse de la criminalité.

Entretenir un tel discours ne favorise-t-il pas l'inaction des gouvernements en entretenant l'antipathie de la population envers les pauvres et les exclus? Les médias traditionnels, souvent à la recherche de sensationnalisme, ne collaborent-ils pas à détériorer la situation sociale et à favoriser les gouvernements dans leur inaction?

La population n'est donc pas toujours inquiète de la pauvreté pour les bonnes raisons. De plus, un discours de peur brise les solidarités nécessaires qui pourraient forcer les gouvernements à agir. Quant à la vision internationale de la pauvreté, notamment celle qui sévit dans les pays en voie de développement, elle est souvent présentée de façon sommaire.

Dans un tel contexte, le réseau des journaux de rue devient un mouvement médiatique local et international nécessaire pour modifier le discours monolithique imposé par les médias de masse.

La liberté d'expression passe par la capacité de s'exprimer. C'est ce que le réseau des journaux de rue permet aux démunis : il leur donne une tribune de millions de lecteurs à travers le monde. Si les journaux de rue exercent leur travail au niveau local, un réseau international uni peut changer les choses en diffusant les injustices sociales de certains pays à travers le monde. Par exemple, l'assassinat au Brésil d'une dizaine de sans-abri et l'inaction du gouvernement à enquêter ont été médiatisés par les journaux de rue dans divers pays. Ce n'est qu'un exemple de ce qui peut être fait.

Mais sans « l'intermédialité », sans la conscientisation des journalistes des médias de masse partout dans le monde, et sans leur collaboration à demeurer rigoureux dans leur présentation de la pauvreté, les journaux de rue ne pourront pas changer à eux seuls les mentalités.

La conférence internationale de Montréal se veut donc une mobilisation des journaux de rue, mais aussi un appel aux médias canadiens et mondiaux afin qu'ils revoient leur responsabilité sociale dans leur diffusion de l'information.

Les médias ont un pouvoir de créer tant des solidarités que des dissensions au sein de la population. Les journaux de rue démontrent qu'ils peuvent créer des solidarités. Par leurs projets d'aide directe aux sans-abri ou par leur capacité de réunir des intervenants sociaux pour lutter contre la pauvreté, ils illustrent le pouvoir de l'information afin d'améliorer les conditions de vie des plus démunis de nos sociétés.

Dans une société de l'information comme l'est devenu le monde occidental, le changement passe par la diffusion d'une information éthique et de sources diversifiées. D'où l'importance de développer, entre autres, le mouvement des journaux de rue.

11e conférence de l'INSP
Appuyé par le Service aux collectivités de l'UQAM, L'Itinéraire, le journal de rue de Montréal depuis 1994, est l'hôte de la 11e conférence de l'International Network of Street Papers (INSP), dont le siège social est à Glasgow en Écosse. Cette association regroupe une cinquantaine de journaux de rue dans le monde. La conférence de Montréal sera la plus importante à ce jour puisqu'elle regroupe également des délégués de la North American Street Newspapers Association (NASNA). Cette association, à laquelle L'Itinéraire a participé à la création, à Chicago, en 1995, est en voie de se fusionner avec l'INSP pour créer une seule et grande association de journaux de rue visant l'amélioration des conditions de vie des sans-abri.

La 11e conférence internationale des journaux de rue est présentée par l'INSP, la NASNA et L'Itinéraire. Les partenaires principaux sont : le Service aux collectivités de l'UQAM, la Ville de Montréal, les Œuvres du Cardinal Léger et Air Canada. Le réseau des partenaires compte aussi : le ministère de l'Emploi et de la Solidarité sociale, Tourisme Montréal, le Chantier de l'économie sociale, le Fonds de solidarité de la FTQ, le SCFP, la CSQ, la CSN, le British Council Canada, l'Open Society Institute et BISS street paper (Munich, Germany).

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Renseignements :
Audrey Coté
Rédactrice en chef de L'Itinéraire
Téléphone : (514) 597-0238, poste 223
audrey.cote@itineraire.ca
www.itineraire.ca

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Source : Jenny Desrochers, conseillère en relations de presse
Division des relations avec la presse et événements spéciaux
Service des communications
Tél. : (514) 987-3000, poste 7730#
Téléc. : (514) 987-3251
desrochers.jennifer@uqam.ca

06-201 (08-06-06)

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UQAM - Université du Québec à Montréal  ›  Mise à jour : 8 juin 2006