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UQAM ›  Nouvelles ›  L'UQAM remet sept doctorats honoris causa à des personnalités marquantes : Maurice Nivat

Allocution

Maurice Nivat

Maurice Nivat

Photo : Denis Bernier

Hommage à monsieur Maurice Nivat

L'Université du Québec à Montréal rend hommage aujourd'hui à Maurice Nivat en lui attribuant le titre de docteur honoris causa, par décision de son conseil d'administration et sur recommandation de sa Faculté des sciences. Par ce geste, l'Université veut souligner la très éminente carrière de ce chercheur, considéré comme l'un des pères de l'informatique théorique.

Professeur émérite à l'Université Denis-Diderot (Paris VII), Maurice Nivat est né en 1937, à Clermont-Ferrand. Admis au concours d'entrée de l'École Normale supérieure en 1956, il abandonne des études en physique pour un stage à l'Institut Blaise Pascal du CNRS où il devient informaticien, quatre ans avant que le mot n'apparaisse dans les dictionnaires.

De retour dans la rue d'Ulm, il obtient l'agrégation de mathématiques en 1961. En décembre 1967, sous la direction de Marcel Paul Schützenberger, il soutient sa thèse d'État qui porte le titre de Transductions des langages de Chomsky.

En véritable pionnier, Maurice Nivat met sur pied les premiers programmes d'enseignement de l'informatique, dans les universités françaises et à l'École Polytechnique mais aussi en d'autres lieux, comme à l'Institut d'Histoire de l'art. Tout au long de sa carrière, cet aventurier de l'esprit envisage l'informatique comme une discipline scientifique à part entière, ouverte aux applications diverses et débouchant sur de vastes territoires inexplorés.

Dès les années 70, il s'intéresse à la sémantique des langages de programmation. À cette enseigne, il consacre beaucoup de temps et d'énergie à construire des équipes de recherches à l'INRIA – Institut national de la recherche en informatique et automatique – ainsi qu'à Paris VII, où il a longtemps été responsable du Diplôme d'Études approfondies (DEA) et où il a formé un nombre important de jeunes chercheurs.

Homme d'équipe, grand voyageur, il lance à la même époque les «Écoles de printemps de l'informatique théorique», qui ont joué un rôle primordial dans la constitution d'un réseau international lié à cette discipline.

En 1975, toujours dans le même esprit d'échange et de création, il fonde la revue Theoretical Computer Science dont il sera le rédacteur en chef pendant plus de 25 ans et qui deviendra, sous sa gouverne, l'une des plus importantes publications scientifiques du monde.

Au début des années 80, le Gouvernement français, par l'intermédiaire des ministres de la Recherche et de l'Éducation nationale fait appel à lui pour la rédaction d'un rapport sur la filière électronique. Soucieux de sensibiliser les décideurs aux enjeux économiques et sociaux de l'informatique, il se consacre totalement à sa tâche, consulte beaucoup, pour finalement produire une volumineuse étude intitulé Savoir et savoir-faire en informatique.

Lorsqu'il remet son rapport au nouveau ministre Laurent Fabius en 1982, celui-ci lui offre de présider le Conseil scientifique du programme mobilisateur de la filière électronique. À ce poste, il met en place les «Programmes de recherche coordonnés» qui donneront un fantastique coup de fouet à la recherche française.

Aussitôt délivré de ses responsabilités nationales, il retourne immédiatement à la recherche. Délaissant les théories du langage pour les «objets géométriques discrets», il s'intéresse aux «pavages du plan par des polyminos» ainsi qu'à divers problèmes d'algorithmique dans le plan discret. C'est à de tels problèmes qu'il continue de s'attaquer aujourd'hui alors qu'il poursuit ses activités de recherche, tout en étant à la retraite. Reconnaissant l'importance de son parcours, le Gouvernement français lui a accordé l'Ordre national du mérite et la Légion d'honneur.

Pour son travail de pionnier dans une discipline qu'il a largement contribué à définir, pour sa vision à long terme de la recherche en informatique, pour les liens d'amitié et la généreuse collaboration entretenue depuis longtemps avec les chercheurs du Laboratoire de combinatoire et d'informatique mathématique (LACIM) de l'UQAM, l'Université du Québec à Montréal veut honorer et saluer Maurice Nivat docteur honoris causa.

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UQAM - Université du Québec à Montréal  ›  Mise à jour : 20 octobre 2006