Monsieur le recteur, monsieur Luc Vinet,
Monsieur le vice-recteur à la Recherche, monsieur Jacques Turgeon,
Monsieur le vice-recteur international et responsable des études supérieures,
monsieur Jacques Frémont,
Monsieur le vice-recteur à la Planification et vice-provost, monsieur Pierre Simonet,
Madame la vice-rectrice adjointe aux Études, madame Hélène David,
Monsieur le doyen de la Faculté d'éducation permanente, Jean-Marc Boudrias,
Chers collègues vice-rectrice et vice-recteur de l'UQAM,
Mesdames, Messieurs les professeurs,
Distingués invités,
Mesdames, Messieurs,
Permettez-moi d'abord de vous remercier, monsieur le recteur pour l'insigne honneur que vous me faites, et que l'Université de Montréal me fait aujourd'hui, en m'attribuant ce Doctorat honoris causa. J'y trouve d'abord le signe très fort de votre générosité à mon égard et celui de l'amitié professionnelle et personnelle. Sachez que la mienne vous est acquise.
Merci aussi des mots très élogieux, trop élogieux que vous venez de prononcer à mon endroit.
Vous me recevez, monsieur le doyen, comme Docteur honoris causa de votre Faculté. J'en suis d'autant plus flatté que j'adhère pleinement à cette idée que vous portez, celle de l'éducation en permanence, c'est-à-dire… apprendre et découvrir, s'informer et se former tout au long de la vie. L'éducation permanente fut longtemps considérée comme voie de service tracée en parallèle à l'autoroute du savoir. Mais l'histoire nous rattrape et l'éducation permanente occupe de mieux en mieux sa place au cœur des enjeux décisifs de l'accès aux savoirs et de la qualité des formations. Je m'en réjouis et je vous félicite, Monsieur le doyen, ainsi que les membres de votre Faculté, de votre engagement essentiel.
Je trouve aussi, Monsieur le recteur, dans l'honneur qui m'est fait ce soir, et cela me touche très profondément, l'expression d'un très beau geste de l'Université de Montréal et de ses hautes autorités à l'égard de l'Université que j'ai le privilège de diriger. À travers moi, je le vois ainsi, je le sens très bien, vous affirmez la reconnaissance d'un lien, ce lien qui, tissé de part et d'autre de nos établissements, rejoint l'institution universitaire elle-même, dans toute la grandeur et la noblesse des missions qu'elle assume en partage, forte de ce qui définit son identité essentielle, et en même temps riche de la diversité de chacune de ses composantes. Je vous en suis très reconnaissant.
Quelle étonnante coïncidence! Il y a quarante ans, presque jour pour jour, en mai 1966, j'obtenais ici, à l'Université de Montréal, mon premier grade universitaire, un diplôme dont l'intitulé est celui de baccalauréat ès sciences «politique» délivré sous l'égide de la Faculté des sciences sociales, économiques et politiques et dont les signataires sont le recteur Roger Gaudry et le doyen Philippe Garrigue. J'avais 22 ans… Cela fait tellement d'années que mon nom ne figure pas sur la liste des diplômés de l'Université de Montréal. N'y voyez aucun reproche. C'est plutôt la trace de mon âge qui se révèle ici! Je fais partie de l'histoire, ou de la… préhistoire moderne de l'Université de Montréal!
Mais, l'Université de Montréal est mon alma mater et je suis fier d'être diplômé de cette grande Université. Je le suis doublement ce soir! Et peut-être triplement, car je crois bien être le premier docteur honoris causa de la Faculté d'éducation permanente.
Voyant venir le 10 mai, je réfléchissais, ces jours-ci, à tant de souvenirs et à toutes ces années passées depuis 1966. Le temps ne me permet pas de passer en revue tous ces souvenirs. Mais, en faisant un arrêt sur image, je me suis mis à regarder les choses en perspective.
40 ans, c'est quand même une bonne tranche dans la vie d'une personne. C'est moins long dans la vie d'une institution. Imaginez, l'UQAM n'a pas encore 40 ans, tandis que sa grande sœur francophone vient de fêter ses 125 ans. Mais les deux, je le pense, font partie de la même famille et sont faites pour s'entendre et coopérer. Ah! Beau défi me direz-vous, mais je suis sûr que la plus jeune acquérant de la maturité et la plus vieille gagnant en sagesse, les deux grandes universités francophones de Montréal se découvriront de plus en plus d'atomes crochus.
J'appartiens à une génération qui a eu le privilège de voir se croiser en simultané de très beaux défis de vie et très grands enjeux de société.
Si j'inclus mes années d'études, je suis à l'université, je suis universitaire depuis 40 ans, cette année. Or, ces 40 années coïncident avec celles qui ont vu l'avènement de notre système universitaire moderne, fruit de réalisations et d'engagements collectifs exceptionnels.
Les universités québécoises, avec leurs grands phares, telle l'Université de Montréal, forment aujourd'hui un ensemble impressionnant. Pensez-y seulement un instant. Les deux universités francophones de Montréal accueillent à elles seules plus de 100 000 étudiants. Plus de 3 500 professeurs et chercheurs y oeuvrent. Ils sont des formateurs et formatrices, des diffuseurs et des promoteurs de savoir et de culture, des créateurs et des créatrices de connaissances nouvelles, des penseurs, des inventeurs. Ils et elles sont de plus en plus des universitaires sans frontières.
Quel bel accomplissement, quel bel avènement en si peu de temps. Immense acquis qui pourtant ne devrait pas être pris pour acquis. Les universités doivent être promues et soutenues. Nous nous y employons. Et puissent les autorités publiques entendre notre voix!
J'aime mon université. Elle est belle. J'aime l'Université de Montréal. Elle est forte, déployée dans tous les domaines du savoir. J'aime les universités du Québec et celles de tout le territoire. J'aime l'Université tout court! Et autant je mets ardeur et passion à défendre et promouvoir mon propre établissement, autant j'ai toujours voulu prendre fait et cause pour l'institution universitaire elle-même, dans toute sa plénitude, ce que la CREPUQ et son directeur-général, Jacques Bordeleau, me donnent à nouveau l'occasion de faire aujourd'hui.
L'Université est le lieu par excellence, un des principaux lieux qui restent, faut-il croire, de la liberté et de la création, de la pensée critique et de l'innovation, de l'esprit de service public et de l'autonomie. J'aime l'Université parce qu'elle est dédiée et n'a d'autre raison d'être que la découverte et la formation de têtes bien faites.
J'ai eu 22 ans; on m'a laissé libre. Mes parents m'ont soutenu, m'ont dirigé, m'ont accompagné. Ils m'ont laissé faire mon chemin, comme on disait dans le temps. L'Université de Montréal m'a fourni mes premières armes. C'est ici que j'ai découvert que j'étais libre. Quelle découverte, quand on commence sa vie.
Et aujourd'hui, Monsieur le recteur, en vous remerciant de m'accueillir à nouveau à l'Université de Montréal - mon Université - je forme le vœu que nos établissements, notre grande institution, nos responsables et nos artisans gardent le cap et ne dérivent pas de nos missions. Les nouvelles générations montent, elles ont besoin de l'Université, elles ont besoin d'apprendre la liberté, elles ont besoin de la pratiquer et de s'y tenir. Notre avenir en dépend.
Merci.