Le 11 avril 2007 - Le titulaire de la Chaire d'études socio-économiques de l'UQAM, Léo-Paul Lauzon, et le chercheur Marc Hasbani viennent de publier une étude intitulée « Le taxage continuel de la dictature pétrolière mondiale. Analyse socio-économique des cinq plus grandes pétrolières mondiales(1999-2006) ».
Échantillon
S'échelonnant sur la période allant de 1999 à 2006,
cette étude porte sur les cinq plus importantes
pétrolières intégrées au monde.
Celles-ci ont été sélectionnées
d'après leurs ventes annuelles ou leurs revenus bruts,
tels qu'indiqués au palmarès des 500 plus grandes
entreprises de la revue américaine Fortune. Il s'agit de
Exxon Mobil, Royal Dutch Shell, BP Amoco, Chevron Texaco et Conoco
Phillips qui se classent toutes parmi les dix plus grandes entreprises
au monde tous secteurs d'activités confondus.
Méthodologie
La collecte des données a été réalisée
à partir des rapports annuels des cinq pétrolières
énumérées précédemment. Il s'agit
principalement de données financières.
Objectifs
Cette étude descriptive a pour objectif d'analyser la provenance
et l'utilisation des ressources économiques des cinq
pétrolières en termes de profits, de ventes, de
dividendes et rachats d'actions versés aux actionnaires.
Constats
Envergure
Les compagnies étudiées ont atteint une grandeur inégalée.
En terme de revenus, les auteurs ont noté qu'une entreprise comme
Exxon Mobil est deux fois plus grande que le Canada et sept fois plus
grande que le Québec.
Évolution des profits nets
En 1999, les cinq plus grandes pétrolières mondiales ont affiché
un profit net consolidé de 25 milliards US $, comparativement à un
bénéfice net global de 121 milliards US $ en 2006. Il s'agit d'une
augmentation de 96 milliards US $ ou de 384 % en sept ans. Au cours de la
période allant de 1999 à 2006, les cinq pétrolières
étudiées ont réalisé un profit net consolidé
de 519 milliards US $.
Évolution du taux de rendement après impôt sur l'avoir des actionnaires
De 1999 à 2006, les cinq plus grandes pétrolières
mondiales ont réalisé un taux de rendement annuel moyen
après impôts sur l'avoir des actionnaires de 22 %. À
ce chapitre, les auteurs de l'étude ont remarqué que le taux
de rendement a explosé depuis 2004, passant de 25 % en 2004, à
30 % en 2005, puis à 28 % en 2006.
Montants versés aux actionnaires
Au cours de la période allant de 1998 à 2006, les cinq plus
grandes pétrolières mondiales ont versé 327
milliards US $ à leurs actionnaires sous forme de dividendes
(188 milliards US $) et de rachats d'actions (139 milliards US $). Cette
somme correspond à 63 % de leurs bénéfices nets
réalisés durant cette même période, soit
519 milliards US $.
Recommandations
Les auteurs de l'étude ont constaté que dans le but de diminuer
le nombre de joueurs, d'accentuer leur contrôle oligopolistique et de
diminuer l'offre, les multinationales pétrolières ont
éliminé de nombreux concurrents en les achetant ou en fusionnant,
et ce, en continuant de verser la majorité de leurs profits à leurs
actionnaires au lieu de les investir. Selon les auteurs, il s'agit d'un
désordre planifié, de prix injustes et de rendements anormaux
découlant d'un cartel très bien structuré. « Par
l'envergure des profits et des rendements réalisés et par
l'utilisation réelle qui a été faite de ces profits
indécents, nos ressources naturelles privatisées majoritairement
à des intérêts étrangers servent à enrichir
une poignée de détenteurs de capitaux, à arnaquer et
à appauvrir les consommateurs, les autres agents économiques,
les États et la population en général », affirment
les chercheurs Léo-Paul Lauzon et Marc Hasbani. « Nos
gouvernements ont le devoir d'intervenir dans ce secteur vital pour
les intérêts stratégiques, la sécurité
nationale et l'élémentaire souveraineté du Canada
face à ces firmes étrangères comme on l'a fait ailleurs
avec succès. Il faut mettre fin à la colonisation du pays par
des multinationales mercantilistes étrangères »,
poursuivent-ils.
Selon les auteurs, le Canada est le sixième producteur de pétrole qui détient la deuxième réserve de pétrole prouvée au monde. Toutefois, il est le seul pays producteur de pétrole et de gaz naturel dont les ressources collectives appartiennent à des intérêts étrangers. De ce fait, les chercheurs suggèrent de nationaliser toute l'industrie du pétrole et du gaz naturel pour le mieux-être du pays, de sa population et des générations futures. Advenant que le Canada refuse de considérer cette solution, ils encouragent le Québec à s'allier avec des détaillants québécois indépendants comme Sonic, Harnois et Crevier, avec l'appui de la SOQUIP, une société d'État, pour construire une nouvelle raffinerie québécoise qui serait en mesure d'importer elle-même son pétrole brut en faisant affaire directement avec le Venezuela et le Mexique, par exemple.
À propos de la Chaire d'études socio-économiques
Rattachée à l'École des sciences de la gestion, la Chaire
d'études socio-économiques a pour mission de porter une
réflexion critique et progressiste sur les questions sociales
et économiques de l'heure, afin d'en cerner les enjeux majeurs
et d'en identifier les solutions les plus viables en fonction de
l'intérêt commun. Dans cette optique, elle vise à
apporter une contribution nouvelle, plus critique, dans le domaine des
sciences de la gestion, discipline désormais trop liée
aux besoins de l'entreprise, des gestionnaires et du marché
en général.
Depuis 1996, la chaire a réalisé six études sur l'industrie pétrolière intégrée :
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Marc Hasbani, chercheur, Chaire d'études socio-économiques
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Source : Jenny Desrochers, conseillère en relations de presse
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