Le 3 mai 2007 – À la suite de la réunion du Conseil d'administration de l'UQAM tenue hier soir, la rectrice par intérim de l'UQAM, Mme Danielle Laberge a fait le point aujourd'hui sur la situation financière et immobilière de l'Université : « l'UQAM est confrontée à une situation financière particulièrement difficile » a-t-elle déclaré en présence du président du Conseil d'administration, M. Alain Lallier, du vice-président et président du comité de vérification, M. Jacques Girard et de la vice-rectrice aux affaires administratives et financières, Mme Monique Goyette. La direction de l'UQAM, qui rencontrera l'ensemble de la communauté en après-midi, a offert toute sa collaboration pour présenter, en concertation étroite avec l'Université du Québec, d'ici la mi-juin, un plan de redressement à la Ministre de l'Éducation, du Loisir et du Sport, comme celle-ci l'a demandé lors d'une rencontre tenue cette semaine. La rectrice par intérim a souligné également que l'UQAM est d'ailleurs toujours en attente d'une subvention du Ministère de l'ordre de 28,6 M $ pour chacune des années 2005-2006 et 2006-2007 d'ici le 31 mai prochain. Le Conseil s'est également déclaré tout à fait disponible pour collaborer avec le Vérificateur général du Québec, si le gouvernement l'estime nécessaire, si ce dernier devait être appelé à procéder à l'examen complet de nos projets d'immobilisation et plus particulièrement le projet de l'Îlot Voyageur. La rectrice par intérim a également rappelé que le Conseil devait être saisi dès la mi-mai du rapport de la firme KPMG sur le Complexe des sciences.
Malgré un contrôle extrêmement serré de ses dépenses de fonctionnement, l'UQAM n'a pu éviter de retomber en déficit, en 2005-2006 comme la plupart des autres universités québécoises, toutes victimes d'un sous-financement chronique. Comme sa direction l'avait souligné devant la Commission de l'Éducation en février 2007, l'UQAM s'est développée avec des moyens moindres que d'autres établissements. Elle présente, avec l'Université Concordia, le plus faible ratio professeurs/étudiants de tout le réseau universitaire québécois, avec un manque de 300 professeurs et des dépenses salariales largement inférieures à celles de la moyenne des universités québécoises pour toutes les catégories de personnel à l'exception des chargés de cours. Après avoir connu une hausse de fréquentation de plus de 8 % depuis cinq ans (2001-2006), l'UQAM accueille aujourd'hui 42 000 étudiants, sans compter les 8 000 étudiants de la TÉLUQ, l'université à distance de l'UQAM. L'Université prévoit que son déficit pour 2006-2007 sera de 28 M $, ce qui portera son déficit cumulé à 45 M $.
Depuis la fin de l'automne 2006, la direction de l'UQAM a rencontré régulièrement les représentants du MELS, du ministère des Finances et la direction de l'Université du Québec, afin de faire la lumière sur la situation financière et immobilière complexe de l'Université et d'identifier des pistes de solution possibles.
Le parachèvement du Complexe des sciences à l'automne 2005 accusait un manque à gagner de 66 M $, auquel s'est ajouté 40 M $ en coûts additionnels. Pour clarifier la situation, l'UQAM a accordé au cabinet KPMG en décembre 2006 un mandat de vérification des frais de construction, qui vise essentiellement à clarifier la situation des coûts imputés au projet, notamment au niveau de son historique ainsi qu'au niveau du processus de reddition de comptes en place. KPMG doit remettre son rapport d'ici la mi mai 2007. La rectrice par intérim a indiqué que, puisque certains espaces étaient encore disponibles au Complexe des sciences et que l'UQAM louait des salles de cours à l'extérieur, l'Université tenterait donc de maximiser les espaces encore disponibles pour ses propres besoins.
Après un examen très rigoureux par l'UQAM de ses besoins d'espace à des fins académiques, la direction a constaté que 20 000 mètres carrés supplémentaires, selon les normes, sont nécessaires pour répondre à ses besoins, particulièrement des salles de cours, des laboratoires et des bibliothèques. Cette estimation est conforme aux normes techniques du MELS.
Quant à l'Îlot Voyageur, depuis que la direction de l'Université a constaté que le projet initialement approuvé par le Conseil d'administration ne rencontrait plus ses conditions de rentabilité, elle a engagé des discussions qui se poursuivent avec la firme Busac Inc., partenaire dans le projet. La gare d'autobus, le parc de stationnement et la gare de vélo, représentant à eux seuls le tiers du projet, sont presque terminés et seront livrés en juin et juillet 2007. Ces discussions se poursuivent concernant le pavillon académique, les résidences étudiantes et l'édifice à bureaux. Pour assurer un suivi très rigoureux de ses projets d'immobilisations, notamment à l'Îlot Voyageur, l'UQAM a mis sous contrat le cabinet Samson Bélair / Deloitte & Touche à titre de contrôleur financier. Elle a également mis sur pied une nouvelle structure de gestion du projet de l'Îlot Voyageur qui repose sur l'expertise d'un comité directeur et d'un comité technique. Les ministères concernés et la direction de l'Université du Québec suivent le dossier de très près.
En raison de sa situation immobilière difficile, l'UQAM se voit par ailleurs forcée de revoir et même de renoncer à certains projets académiques pour lesquels elle avait fait des acquisitions. Des études sont en cours afin de tenir compte, dans les actions à poser, des caractéristiques propres à chacun de ces projets. C'est dans cette perspective que l'Université a décidé de mettre en vente prochainement l'édifice La Patrie, situé rue Ste-Catherine Est, de la bibliothèque Saint-Sulpice, sur la rue St-Denis, des édifices situés au 221-223, rue Sainte-Catherine Est ainsi que le Domaine Seigneurial de Mascouche.
Aux mesures correctrices très précises apportées pour chacun des projets immobiliers s'ajoutent d'autres mesures plus globales. L'Université a rattaché la direction des investissements, qui relevait jusque là du Rectorat, au Vice-rectorat aux affaires administratives et financières. Le Conseil d'administration a mis sur pied un Comité d'étude sur la gouvernance qui a déjà fait plusieurs recommandations dont certaines ont été mises en place sans tarder ainsi qu'un Comité d'étude sur le financement de l'UQAM. Le Conseil d'administration a notamment adopté de nouvelles normes et pratiques de vérification interne.
« Nous faisons face à un défi majeur qui touche au premier chef tous les membres de la communauté universitaire, mais également la communauté montréalaise et québécoise. Notre capacité collective à répondre aux besoins et aux attentes du Québec et des nouvelles générations, en matière d'innovation, de savoir, de recherche et de création est présentement menacée », a conclu Mme Laberge, qui sollicite également l'appui des employés de l'Université, des étudiants et de ses diplômés, du réseau de l'Université du Québec, du gouvernement et de ses partenaires, afin que l'UQAM puisse continuer à jouer pleinement son rôle.
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Source : Francine Jacques, directrice
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