Le 27 septembre 2007 – Les médias québécois ont joué un rôle crucial et positif dans le dossier des « accommodements raisonnables ». Ils ont provoqué une prise de conscience de la population à l'égard de certaines réalités que les élites préfèrent cacher. En même temps, ils ont fait leur miel de nouvelles auxquelles ils ont parfois donné une importance démesurée et qui ont exacerbé certaines craintes et réactions émotives.
Tel est le double constat qui se dégage d'échanges menés à la fin du mois de juin dernier lors de six groupes de discussion auxquels des francophones choisis au hasard ont participé à Montréal, Trois-Rivières et Montmagny.
Les résultats de cette étude qualitative réalisée par le sociologue Michel Lemieux pour le Centre d'études sur les médias de l'Université Laval à Québec ont été dévoilés ce matin, en prélude à une conférence-débat sur le rôle des médias dans la question des « accommodements raisonnables » qui s'est déroulée à l'École des médias de l'UQÀM.
Les médias sont perçus par les participants à ces rencontres comme des vigiles qui ont bien fait d'attirer l'attention sur des menaces à l'identité profonde des Québécois. Les propos de deux d'entre eux témoignent assez bien de ce sentiment : « Pour moi, les médias, une chance qu'ils ont été là » et « C'est vrai que les médias en mettent beaucoup mais il n'y a pas de fumée sans feu. À quelque part, je trouve qu'ils ont bien fait de mettre le projecteur là-dessus. Oui, c'est vrai, parce que je trouve qu'à un moment donné, il y a des limites. »
Les médias ont créé un débat, ont suscité des réactions dans la population et, ainsi, ont lutté contre l'indifférence fréquente face à ces événements. En ce sens, disent les personnes rencontrées, ils prennent le contre-pied d'un complot du silence favorisé par les élites politiques et juridiques : on fait plus confiance à un Mongrain qu'à un Charest ou à un juge pour défendre l'identité collective profonde.
Par ailleurs, les participants trouvent que les médias ont exagéré fortement l'importance de certaines nouvelles; ils se sont focalisés sur certains faits en leur donnant une importance démesurée. Recherche d'auditoires et de revenus publicitaires obligent. « Les médias se jettent là-dessus, ils mettent le paquet. D'un côté, ils font bien, d'un autre côté, ils en mettent trop. » Pour accentuer l'impact, les médias ont donné des faits une vision étroite et manipulée, univoque et simpliste. « Si on avait juste pris le temps d'expliquer les deux côtés, on n'aurait pas été tout de suite d'accord avec ce qui se passait, mais on aurait compris et on aurait été moins pris à juger d'un bord comme de l'autre. (…) mais on a monté les deux côtés pour faire un effet de sensation. » On trouve aussi que les médias ont généralisé à partir de cas isolés, créant ainsi l'impression que certaines situations étaient fréquentes.
Les participants estiment toutefois que ces excès de sensationnalisme se corrigent à moyen terme, que le sensationnalisme arrive en premier mais que dans les jours suivants, avec les compléments d'information et les commentaires, cela s'équilibre.
![]()
Source :
Daniel Giroux
Centre d'études sur les médias
418-656-3235
cem@com.ulaval.ca
Huguette Lucas, conseillère en relations de presse
Division des relations avec la presse et événements spéciaux
Service des communications
Université du Québec à Montréal
Tél. : (514) 987-3000, poste 6832
lucas.huguette@uqam.ca
07-305