Le Cercle d'étude sur la figuration du sacré (CEFS)
organise pour 2007-2008 une série de rencontres interdisciplinaires
visant à observer la manière dont le Prophète de l'islam
fut évoqué dans le cours de l'histoire, par les uns ou les
autres, dès l'époque du Moyen Âge. Elle auront lieu tous
les premiers et troisièmes mercredis du mois, du 3 octobre 2007 au
16 avril 2008, de 12 h 45 à 13 h 45, à la Faculté des
sciences humaines de l'UQAM, au pavillon J.-A.-DeSève, 320, rue
Sainte-Catherine Est (angle Sanguinet), local DS-1950 (1er étage). Le Cercle
d'étude sur la figuration du sacré (CEFS), Olga Hazan,
Département d'histoire de l'art de l'UQAM : 514 987-4111
Site Web : www.figuration.org
La prochaine conférence aura lieu le mercredi 5 décembre 2007.
Mercredi 5 décembre
Walid El Khachab, professeur, Arabic Studies, Université York
Mohamad au cinéma : la destruction des idoles dans un média iconodule*
* Iconodulie : culte rendu à une image qui n'est plus
considérée comme simple représentation, mais comme
signe de la présence de Dieu ou d'un saint
Walid El Khachab est professeur adjoint en Études arabes à l'université York. Après avoir écrit une thèse sur Le mélodrame en Égypte, il concentre ses recherches sur la dimension mystique et panthéiste du cinéma, ainsi que sur la représentation de ces thèmes au cinéma et dans la littérature. Il a publié, entre autres articles : « Pour un cinéma soufi », Montréal, CineMas, 2000, et « Reflections on Cinematic Pantheism », Montreal, Intermédialités, 2007.
L'islam est réputé être une religion iconoclaste et ceci fut certes vrai pendant les premières années de l'État islamique. Dans tous les films qui relatent la vie du fondateur de l'islam, un des moments forts est celui de la destruction des idoles dans l'enceinte de la Kaaba, moment qui marque symboliquement la fin d'un ordre religieux et politique et l'avènement d'un nouvel ordre islamique sous la bannière du prophète Mohamad. Or, les films deviennent ainsi porteurs d'un paradoxe qu'il convient d'interroger : comment un média comme le cinéma, né d'une fascination pour l'image – un média iconodule en somme –, devient-il le lieu où se manifestent, à la fois un iconoclasme marqué et un interdit de la figuration, puisque le Prophète y demeure invisible?
Ces rencontres sont organisées par Olga Hazan, professeure associée au Département d'histoire de l'art de l'UQAM. Elles s'inscrivent dans le cadre de ses recherches sur La figuration du sacré entre judaïsme, christianisme et islam, subventionnées par l'UQAM en 2006-2007 et par le Conseil de recherches en sciences humaines du Canada (CRSH) pour 2007-2010. Les conférences de l'hiver auront lieu les 9 janvier, 23 janvier, 6 février, 20 février, 5 mars, 19 mars, 2 avril et 16 avril.
Sont présentées, lors de ces rencontres bimensuelles, des conférences solos et des projections de documentaires, permettant ainsi de réfléchir à la manière dont le Prophète de l'islam fut évoqué, en différents temps et lieux et dans diverses conjonctures, entre le mot et l'image : dans la littérature, les textes de la tradition, les livres éducatifs, le cinéma et les manuscrits enluminés.
La figuration du Prophète et l'évocation de l'islam, par le mot ou par l'image, par l'esprit, par la parole ou par le texte - images peintes ou décrites, images colportées, images interdites et images aujourd'hui occultées - seront donc l'objet de réflexion de ces rencontres, visant à redonner à l'histoire une place trop souvent investie par le politique, lequel nous fait oublier la richesse et l'importance de l'apport de l'islam au Moyen Âge.
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Source :
Huguette Lucas, conseillère en relations de presse
Division des relations avec la presse et événements spéciaux
Service des communications
Tél. : (514) 987-3000, poste 6832
lucas.huguette@uqam.ca
07-400 (22-11-07)