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Jean Danyluk
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Étude sur le génome du blé

Le professeur Jean Danyluk reçoit une importante subvention de recherche

Le 7 janvier 2008 - Jean Danyluk, professeur au Département des sciences biologiques, spécialiste de la biologie moléculaire et de la biotechnologie, vient d'obtenir une subvention totalisant un demi-million de dollars, provenant de la Fondation canadienne pour l'innovation (40 %), du Programme de cofinancement d'infrastructure du Québec (40 %) ainsi que de partenaires du secteur privé (20 %). Cette somme lui servira à acheter le matériel de laboratoire sophistiqué qui lui permettra de poursuivre ses recherches sur le génome du blé et plus particulièrement sur sa résistance au froid.

Du blé résistant à l'hiver canadien
Depuis des millénaires, les cultivateurs ont amélioré, par croisements successifs, les génotypes des différentes variétés de blés cultivées dans le monde, mais depuis une vingtaine d'années, les améliorations sont négligeables. C'est pour cette raison que l'agriculture se tourne vers la génomique. Mais, comme le souligne Jean Danyluk, « cela n'implique pas nécessairement la création d'organismes génétiquement modifiés (OGM) ». En effet, la nouvelle variété de blé résistante au froid sera produite par croisements, et non en lui insérant des gènes d'une autre plante.

Le génome du blé est cinq fois plus important que celui de l'être humain et n'a pas encore été totalement élucidé. Dans ses recherches, le professeur Danyluk s'intéresse plus particulièrement à un groupe de 19 gènes régulateurs (des gènes dont la fonction principale est de contrôler l'action d'autres gènes) qui seraient probablement impliqués dans la résistance au froid. De subtiles différences moléculaires au niveau de ceux-ci peuvent augmenter de 2ºC à 4ºC la tolérance au gel. Une fois que ces mécanismes auront été élucidés, il sera plus aisé d'interroger les banques contenant les milliers de génotypes de blés existants, afin de déterminer celui qui contient la variante génétique permettant la meilleure résistance au froid.

Mais pourquoi veut-on un blé qui tolère mieux le gel? « Au Canada, la majorité du blé qui pousse dans nos champs est un blé de printemps, dit Jean Danyluk, et ce blé ne supporte pas que le mercure descende plus bas que –8ºC. » Il existe des blés beaucoup plus coriaces, qui peuvent résister à des températures aussi basses que –20ºC, mais cela n'est pas suffisant pour le Canada, où la température tombe fréquemment sous cette barre, particulièrement dans les Prairies, où est cultivée la majeure partie des céréales canadiennes. En fait, il n'y a que dans le sud de l'Ontario où l'on peut cultiver le blé d'hiver.

Aussi, le blé d'hiver est 50 % plus productif. Il s'agit d'un avantage considérable quand on considère que le blé fait partie, avec le riz et le maïs, des trois principales céréales consommées à l'échelle de la planète. Le blé d'hiver est aussi plus facile à cultiver. « On le sème en septembre, la plante s'acclimate, puis tombe en dormance pendant la période de gel et se remet à pousser au printemps, en utilisant l'eau du sol qui dégèle, explique le chercheur. La récolte est beaucoup plus rapide, ce qui fait que les plantes sont moins susceptibles de souffrir de sécheresse ou d'être la cible d'insectes qui apparaissent plus tardivement dans l'été. »

Avec le réchauffement climatique, on s'attend à ce que la température au Canada augmente d'environ 2°C d'ici 30 à 40 ans. Si l'on réussissait à augmenter la tolérance du blé au froid de quelques degrés, on pourrait envisager de cultiver davantage de blé d'hiver et grandement améliorer le rendement des cultures. « Ce que nous apprendrons au cours de ces recherches pourra aussi s'appliquer à d'autres céréales, souligne le professeur Danyluk. Si on identifie les molécules impliquée dans le processus de tolérance au froid, on pourra développer des stratégies afin d'améliorer la résistance de différentes plantes d'importance économique. »

Article du journal L'UQAM

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Source : Claire Bouchard, conseillère en relations de presse
Division des relations avec la presse et événements spéciaux
Service des communications
Université du Québec à Montréal
Tél. : (514) 987-3000, poste 2248
bouchard.claire@uqam.ca

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UQAM - Université du Québec à Montréal  ›  Mise à jour : 8 janvier 2008