
Filip Dujardin, Toren Armen, 2007
Lieu : Centre de design de l'UQAM, 1440, rue Sanguinet
Dates : du 11 septembre au 12 octobre 2008
Vernissage : le mercredi 10 septembre, à 18 heures
Le 2 septembre 2008 – La saison 2008-2009 du Centre de design de l'UQAM débutera avec une exposition intitulée exister contre les faits : architecture / fiction / photographie. L'exposition, réalisée par le Centre, réunit deux séries d'œuvres photographiques, celle du photographe flamand Filip Dujardin et celle du photographe canadien Arni Haraldsson, ainsi que le travail de recherche et de création de Céline Poisson, professeure à l'École de design de l'UQAM. Une visite commentée de l'exposition, le mercredi 10 septembre à 17 heures, en présence des trois créateurs, précédera le vernissage qui a lieu à 18 heures.
Dans le cadre de cette exposition, les deux photographes se servent de la photographie pour aborder la fiction, la construction et l'utopie architecturales, ainsi que pour explorer les limites et les possibilités de l'image photographique. Céline Poisson nous propose une toute autre réflexion sur les liens entre construction architecturale et fiction littéraire en présentant une série de sept maquettes du « cône d'habitation », tel que décrit dans le roman Corrections de l'auteur et dramaturge autrichien Thomas Bernhard.
Filip Dujardin
Fictions et baraques
Lors d'une exposition récente au Palais des beaux-arts – Bozar à
Bruxelles, le photographe flamand Filip Dujardin, autrement et également
connu pour son travail au magazine A+ et à d'autres importantes revues
d'architecture contemporaine, a beaucoup attiré l'attention avec ses
photomontages qu'il appelle Fictions. Réalisée grâce à
un grand savoir-faire avec le logiciel photoshop et à une imagination
fertile, cette série de photographies de constructions architecturales,
dont le Centre de design présentera six images, représente un
paradoxe intéressant aux photos documentaires de constructions
« artisanales » ou baraques, que l'on trouve dans le paysage
désolé et sombre de la partie flamande de la Belgique. Si les
deux corpus d'œuvres mettent assurément en cause des notions de
fiction, de réalité et d'authenticité dans le champ de la
photographie, ils font également allusion à des enjeux similaires
en architecture. Deux autres images provenant du travail plus commercial de Dujardin,
et montrant des « gens dans leur espace réel/architectural »,
introduisent un autre élément à la lecture de ses images,
voire à la lecture de l'exposition : ils sont les seuls êtres humains
dans un univers autrement vide, dépourvu de présence humaine.
Biographie
Né à Gand, en Belgique, en 1971, Filip Dujardin travaille à
son compte comme photographe pour des magazines d'architecture et décoration
intérieure, ainsi que dans le monde de la publicité. Après
des études à l'Académie royale des beaux-arts de Gand et
l'obtention d'une maîtrise en histoire de l'art (spécialisation
en architecture) à l'Université de Gand, il a été
assistant de Carl De Keyser, photographe de l'agence Magnum, et a collaboré
avec le photographe Frederik Vercruysse entre 2000 et 2006.
www.filipdujardin.be
Arni Haraldsson
La Tourette, Eveux-sur-Arbresle (1957-1960), France : Le Corbusier,
architecte
Le photographe canadien Arni Haraldsson, professeur à l'Emily Carr Institute
of Art and Design de Vancouver, a consacré une bonne partie de sa
carrière photographique à l'exploration de l'architecture moderne,
en particulier le travail du Corbusier, dont Chandigarh en 1996, Firminy en 1999
et, finalement, La Tourette en 2002. Dans cette exposition, le Centre de design
présente une sélection d'images puisées dans ce dernier
corpus produit après une résidence en juin 2002 au couvent de
la Tourette (qui abrite encore une communauté d'environ dix frères),
à Eveux-sur-Arbresle, près de Lyon, et dont Le Corbusier a
été l'architecte de 1957 à 1960.
Le mercredi 12 juin, il écrivait dans son carnet de notes :
« Cela fait deux semaines aujourd'hui que je suis arrivé. Ai dû
éliminer tout le travail de la semaine dernière, photos trop affirmatives,
trop cérémonieuses, cédant trop volontiers à une vision
prédictée. Des images que je regarde à présent non pas
comme des photos du couvent, mais des photos glanées ailleurs. Permettre au
béton d'être béton, au verre d'être verre, à
la saleté d'être saleté; que chaque chose ne soit que ce qu'elle
est, parlant pour elle-même, sans ornements, sans la médiation
d'événements externes. » Cette idée de faire l'expérience
d'un lieu et d'une architecture par la photographie sans médiation formelle
devient évidente dans ces quelques notes et ainsi, par extension, le spectateur
se trouve invité a (re)découvrir La Tourette dans sa forme concrète,
bien que ce soit par le biais de la photographie. « C'est un travail
expérimental d'abstraction du monde, auquel nous obligent le temps et
l'espace du couvent (1). »
1. Étienne Régent, « L'état des lieux »,
dans Arni Haraldsson : La Tourette, Lyon, Franck Fontaine
– Éditions Su-cure/Sale, 2002
Biographie
Né à Reykjavik, en Islande en 1958, Arni Haraldsson vit et
travaille à Vancouver où il est professeur à l'Emily Carr
Institute of Art and Design. Il a participé à plusieurs
expositions nationales et internationales, notamment au Musée canadien
de la photographie contemporaine à Ottawa (2002), à la
2e Biennale de Johannesburg (1997), au Portland Institute for Contemporary Art
(1997), à la galerie Optica à Montréal (1987, 1989),
à la Presentation House Gallery (1995) et la Contemporary Art Gallery (2001)
à Vancouver.
Céline Poisson
Sept fois un cône (2007)
Construire, corriger : entre fiction littéraire, grammaire et architecture
La série de maquettes intitulée Sept fois un cône, d'après
le roman Corrections de l'auteur et dramaturge autrichien Thomas Bernhard, est l'expression
de la réduction grammaticale retrouvée dans cette fiction littéraire.
Il s'agit d'un travail de recherche et de création de Céline Poisson,
professeure à l'École de design de l'UQAM.
Dans son roman Corrections, Thomas Bernhard aborde la question de l'art de construire. Le personnage principal, Roithamer – alias le philosophe Ludwig Wittgenstein – est un savant, professeur de sciences naturelles à Cambridge, qui revient en Autriche, son pays natal, pour y poursuivre un projet proche de l'utopie : édifier dans la forêt de Kobernauss le premier cône bâti à des fins d'habitation, à l'intention de sa sœur bien aimée. Pour se prouver à lui-même que l'édification d'un tel bâtiment est possible, il engage des recherches approfondies sur la statique, la résistance des matériaux et la « construction en soi ». Après six années de travail, il achève le cône idéal, l'édifice parfait, tout en ayant entrepris de se justifier dans un écrit qu'il ne cesse de corriger et qui, de huit cents pages, finit par se réduire à presque rien.
Bernhard tisse un monde où plane un obsédant désir de perfection, où l'anéantissement voisine l'accomplissement, où la destruction menace la construction. Les sept objets cônes montrent chacun un concept orientant le travail de la pensée et de la construction architecturales : 1) le site, la situation; 2) les fondations, la structure; 3) la verticalité, aller de haut en bas; 4) l'intérieur et l'extérieur; 5) la dénomination des espaces; 6) la distribution des espaces; 7) la fonction des espaces : l'espace de méditation. Les objets sont construits en respectant les indications du roman qui ont permis de déterminer la hauteur réelle du cône d'habitation, soit 40 mètres. L'échelle utilisée pour la fabrication des objets est 1:200 (sauf pour celle du site à 1:25 000). Les objets ont été fabriqués grâce à la précieuse collaboration de Christine Terreault. Daniel Ursachi a également contribué à la production.
Biographie
Céline Poisson est professeure à l'École de design de
l'UQAM depuis 1992 où elle est directrice du DESS en design
d'événements. Elle a étudié à l'École
de design industriel de l'Université de Montréal et est
diplômée du doctorat en sémiologie de l'UQAM. Son
travail de recherche et de création contribue à la réflexion
sur les méthodes de projet en design par l'étude de l'histoire des
idées et des pratiques. Plus récemment, ce travail se concentre sur
l'analyse des contributions de Charles S. Peirce et Ludwig Wittgenstein à
une sémiotique pragmatiste de l'architecture et du design. En 2005, elle
a réalisé une exposition et un colloque sur la maison construite
par Wittgenstein à Vienne à la fin des années 1920. Elle
a dirigé la publication Penser, dessiner, construire, Wittgenstein et
l'architecture publié en 2007.
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Source :
Huguette Lucas, conseillère en relations de presse
Division des relations avec la presse et événements spéciaux
Service des communications
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08-258 (02-09-08)