Le 20 octobre 2008 – Les professeurs de finance Raymond Théoret, du Département de finance de l'ESG UQAM, et Christian Calmès, du Département des sciences administratives de l'Université du Québec en Outaouais (UQO), ont présenté au C.D. Howe Institute, à Toronto, les résultats de leur étude intitulée « Banking Regulation and Financial Stability : Is It Time to Re-Regulate Canada? » portant sur la déréglementation bancaire canadienne et la stabilité financière, et la pertinence de re-réglementer ce secteur.
À cette occasion, les chercheurs Théoret et Calmès ont rappelé qu'au Canada, les banques à charte sont assujetties à la Loi fédérale sur les banques, appelée « Bank Act ». À la suite des amendements successifs apportés à cette loi, les banques canadiennes se sont progressivement éloignées de leurs activités traditionnelles, tels que les prêts, pour se lancer dans des activités financières à risque qui, pour la plupart, sont comptabilisées hors-bilan. Par conséquent, comme l'ont démontré certaines études, ces nouvelles activités ont augmenté la volatilité des revenus des banques, résultant en une détérioration importante de l'arbitrage rendement-risque dans le secteur bancaire, c'est-à-dire une hausse du risque non compensée par une augmentation du rendement.
Au contraire, selon les chercheurs Théoret et Calmès, il semble y avoir un changement récent dans cette tendance. Pour le démontrer, ces derniers ont utilisé une technique d'estimation qui n'avait pas encore été envisagée dans la littérature (ARCH-M). Ainsi, ils ont constaté l'apparition d'une prime de risque autour de l'année 1997, prime ajoutée à l'intérieur des rendements comptables des banques et servant à évaluer le risque accru associé à leurs opérations hors-bilan. À la lumière de ce constat, les auteurs de l'étude affirment qu'il n'y a pas lieu de re-réglementer le secteur bancaire canadien.
L'analyse des chercheurs Théoret et Calmès pourrait s'intégrer aux travaux du Comité de Bâle (Banque des Règlements Internationaux) ayant trait à la réglementation des activités hors-bilan des banques qui, jusqu'à très récemment, ne recourait qu'à des techniques comptables pour couvrir ce genre de risque. Leur démonstration pourrait aussi être intégrée dans d'autres contextes, notamment aux analyses de fusions bancaires. Toutefois, les chercheurs recommandent la prudence en cette matière, car les fusions bancaires risquent d'augmenter la part relative des opérations hors-bilan dans les activités bancaires et qu'il pourrait s'ensuivre un rebond additionnel au chapitre de la volatilité des revenus bancaires dans un secteur déjà durement touché par la crise qui sévit depuis 2007 sur le « subprime market ».
Pour consulter l'étude : www.cifo.uqam.ca/publications/pdf/2008-09.pdf (format PDF)
La finance à l'ESG UQAM
En plus de son Département de finance, l'ESG UQAM compte sur l'expertise
de trois chaires de recherche spécialisées dans ce domaine : la
Chaire Desjardins de gestion des produits dérivés, la Chaire de
management des services financiers et la Chaire d'information financière
et organisationnelle. L'École a établi des partenariats avec des
organisations prestigieuses telles que la Bourse de Montréal, la Caisse
de dépôt et placement du Québec, l'Institut des banquiers
canadiens (IBC), l'Institut des vérificateurs internes – Section
de Montréal et l'Autorité des marchés financiers (AMF). Le
23 septembre dernier, l'ESG UQAM a lancé la Salle des marchés qui
lui permet de consolider son expertise en finance, tant sur le plan de l'enseignement
que de la recherche.
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Source : Jenny Desrochers, conseillère en relations de presse
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