Le 15 septembre 2009 — L'équipe dirigée par Denis Réale, professeur au Département des sciences biologiques de l'UQAM et titulaire de la Chaire de recherche du Canada en écologie comportementale, a récemment terminé une étude montrant le lien entre la personnalité, la survie et le succès de reproduction chez les mouflons mâles d'Amérique. Ses résultats ont été publiés sous le titre de Male personality, life-history strategies and reproductive success in a promiscuous mammal dans la prestigieuse revue scientifique Journal of Evolutionary Biology 22(8):1599-1607. En plus de constituer une avancée importante dans la connaissance de ces mammifères, cette recherche apporte une explication permettant de comprendre, d'un point de vue évolutif, les différences de personnalité chez les animaux et les humains.
La recherche
Depuis 1969, plusieurs équipes de chercheurs se sont intéressés
à cette population de mouflons d'Alberta (Canada). Au fil des ans, de nombreuses
données ont été ainsi recueillies. Pour leur part, Denis
Réale et ses collaborateurs, Julien Martin et Marco Festa-Bianchet de
l'Université de Sherbrooke ainsi que Dave Coltman et Jocelyn Poissant de
l'Université d'Alberta, se sont penchés sur la personnalité
de ces animaux. Dans un premier temps, ils ont réussi à identifier
les individus plus ou moins hardis et dociles. Puis ils ont effectué des
analyses de paternité pour savoir lesquels se reproduisaient.
Dans un système tel que celui des mouflons où la compétition entre mâles est très forte pour féconder les femelles, normalement un facteur important du succès d'un mâle est d'atteindre un gros gabarit et un statut de dominance élevé. Ces conditions sont généralement atteintes chez des mâles dans la force de l'âge (entre 6 et 12 ans). Cependant, les analyses de paternité ont montré que certains jeunes mâles peuvent féconder des femelles.
Étant donné le risque associé à la participation au rut (des mâles se blessent ou tombent de falaise suite à des poursuites ou des combats), Denis Réale et ses collaborateurs ont émis l'hypothèse que les jeunes mâles réussissant à se reproduire seraient les plus hardis et les plus combatifs. En analysant leurs données, cette hypothèse s'est révélée exacte. Toutefois, en contrepartie de leur précocité sexuelle, prenant plus de risques, ils meurent souvent plus jeunes que leurs congénères plus dociles! Ceux-ci, au contraire, investissent sur le long terme, se reproduisent plus tard et atteignent un âge plus avancé.
On retrouve donc une variabilité de personnalités et d'histoires de vie dans la population, avec deux types extrêmes : l'un que l'on pourrait qualifier de « vivre vite et mourir » et l'autre de « petit train va loin ». Selon leur personnalité, les mâles réussissent à se reproduire donc à transmettre leurs gènes mais le font différemment. Cette étude montre ainsi que la personnalité a une influence directe sur le style de vie des individus.
L'UQAM et le Département des sciences biologiques
L'UQAM est une université publique de langue française
au rayonnement international. L'UQAM propose plus de 300 programmes aux trois
cycles d'études. La qualité de ses programmes, sa recherche axée
sur les préoccupations sociales et ses innovations en création
contribuent à bâtir sa renommée. Le
Département des sciences biologiques
de l'UQAM est l'un des plus dynamiques au Canada, profitant
d'un des plus haut taux de subventions de recherche. La plupart de ses chercheurs
sont regroupés au sein d'équipes de recherche de pointe en
écologie, santé environnementale et toxicologie, et biotechnologies.
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Source : Claire Bouchard, conseillère en relations de presse
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