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Les Alcooliques anonymes : mythes et réalités

Le 1er décembre 2009 – Depuis le premier regroupement des Alcooliques anonymes (AA) en 1935, l'application grandissante de son idéologie et de ses principes philosophiques fondés sur les 12 étapes a été fulgurante. À l'ère de l'hyper individualisme et de la faiblesse des liens sociaux, les AA rassemblent près de 3 millions de membres, dont des dizaines de milliers au Québec. Cependant, ce mouvement permet-il vraiment aux personnes alcooliques de vaincre leur dépendance? C'est la question que pose Amnon Jacob Suissa, professeur en travail social à l'UQAM, dans son essai Le monde des AA, lancé aujourd'hui par les Presses de l'Université du Québec.

L'alcoolisme, une maladie à vie selon les AA
« En définissant l'alcoolisme comme une maladie incurable, permanente et chronique et en étiquetant la personne alcoolique comme étant impuissante, les AA créent une identité d'alcoolique à vie », avance M. Suissa. Loin d'être neutre, la philosophie fondée sur les 12 étapes véhicule une perspective du monde où la personne souffrant de dépendance est considérée comme inapte à exercer un contrôle. Les AA mettent ainsi l'accent sur une vision individuelle des problèmes de dépendance et ignorent les facteurs sociaux, économiques et politiques en jeu.

Traitant la dépendance comme une pathologie incurable, les AA promeuvent l'abstinence à tout prix, estimant la personne incapable de recommencer à boire sans tomber dans un mode abusif de consommation. Cette théorie évacue l'intentionnalité et les choix des individus et a été contredite par différentes études scientifiques.

Sobre et croyant?
S'inspirant d'un mouvement évangélique religieux nommé le Groupe d'Oxford, les AA véhiculent l'idée qu'il faut être croyant pour réussir à rester sobre. Fondés par les Américains William Wilson et Robert Smith, la thérapie en 12 étapes est très répandue aux États-Unis, notamment dans les prisons, et est fréquemment prescrite par les tribunaux comme moyen de réhabilitation.

Dans un contexte où la philosophie des AA s'institutionnalise et où les regroupements anonymes se multiplient - touchant tant les joueurs compulsifs, les bourreaux de travail, les dépendants affectifs que les toxicomanes -, Le monde des AA propose d'analyser les dynamiques et les valeurs qui se trouvent derrière ce vaste mouvement d'entraide.

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Sources :

Diep Truong
Exergue Communications
514 524-7348
diep@exergue.ca

Anik Veilleux, conseillère en relations de presse
Division des relations avec la presse et événements spéciaux
Service des communications
Tél. : (514) 987-3000, poste 3268
veilleux.anik@uqam.ca


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UQAM - Université du Québec à Montréal  ›  Mise à jour : 22 décembre 2009