

En 1959, 11 % de la population québécoise anglophone d’âge universitaire poursuivent des études universitaires, mais seulement 4 % du groupe francophone correspondant.
Ce retard impose un débat sur la nécessité d’élargir l'offre de services universitaires. Cela est d’autant plus nécessaire que la forte croissance démographique suivant la Deuxième Guerre mondiale, la cohorte dite des « baby-boomers », arrivera aux portes des universités existantes vers la fin des années 1960. En fait, dès l’automne 1960, l’idée d’une « deuxième université de langue française » à Montréal prend forme précise par la suggestion des Jésuites de constituer « l’Université Sainte-Marie ». Ce projet n’aura pas de suite. La Commission royale d’enquête sur l’enseignement dans la Province de Québec, dite « Commission Parent », entreprend ses travaux au printemps 1961. La deuxième partie du Rapport Parent, publiée en novembre 1964, recommande un élargissement de l'offre de services universitaires de base dans diverses régions québécoises et, pour Montréal, « qu’au moins une université à charte limitée de langue française soit immédiatement créée à Montréal par le regroupement de ressources déjà existantes et d’adjonction de nouvelles, dans le cadre d’une corporation de caractère public » (Recommandation 126 du tome II). Aux yeux de la Commission Parent, il est essentiel d’accroitre la scolarisation de la population à tous les ordres, y incluant l’ordre universitaire. Le mouvement devant conduire à la création éventuelle de l’Université du Québec à Montréal se trouve donc validé et relancé par le Rapport Parent. D’autres rapports suivent pour construire le projet, mais le principe est acquis. En décembre 1968, l’Assemblée nationale adopte la Loi sur l’Université du Québec. Le 9 avril 1969, le Gouvernement, par le décret 1170, institue l’Université du Québec à Montréal et nomme son premier recteur.
La nouvelle université est donc inspirée par des valeurs de démocratisation du savoir et de la culture et d’accessibilité aux études universitaires ainsi que par cette ouverture de la société québécoise à la modernité qui a animé les vastes réformes mises en œuvre depuis le début des années 1960 par la Révolution tranquille. La nouvelle université, comme le recommandait le rapport Parent, résulte du « regroupement de ressources déjà disponibles » soit le Collège Sainte-Marie créé en 1848 et dispensant une formation de type collégial non seulement aux clientèles jeunes, mais aussi à des adultes en situation de travail suivant des cours à temps partiel le soir; l’École des Beaux-Arts de Montréal, créée en 1922 par le Gouvernement du Québec; et trois écoles normales, dont l’École normale Jacques-Cartier instituée en 1857. En conséquence de ces origines, l’UQAM se développe à ses débuts en beaux-arts et en lettres, en sciences humaines et sociales, en sciences de la nature, et en formation des maîtres.
Au cours des décennies subséquentes, l’UQAM connaît une forte croissance en sciences de la gestion, en sciences pures et appliquées, dont l’environnement, et intègre largement les technologies de l’information et des communications à sa mission de formation, de recherche et création et de service à la collectivité. Dans la mesure de ses défis et de ses moyens, elle augmente et diversifie son offre de programmes aux trois cycles d’études universitaires dans des domaines tant traditionnels que contemporains. Reconnue comme innovatrice, critique et très impliquée socialement auprès des communautés, elle fait sa marque comme université de référence dans plusieurs domaines d’expertise qui lui sont exclusifs et qui représentent autant de fleurons à mettre au compte de son essor remarquable au cours des quarante dernières années.
Grâce au dynamisme et à l’engagement constant de son corps professoral et des personnes chargées de cours, de ses employées et employés de soutien, de ses employées et employés étudiants et de ses cadres et à la confiance des personnes qui s’inscrivent à ses programmes d’études, elle a su adapter sa mission à son contexte et aux demandes sociales sans renier pour autant son autonomie et sa liberté académique. Sa contribution scientifique, culturelle et sociale au développement de la société québécoise la hisse au premier plan des universités québécoises.
Au cours des quatre dernières décennies, en consolidant et en développant les grands champs disciplinaires qui la définissent comme université, l’UQAM :
Devenue au cours des années une université de très grande taille et d’envergure, fidèle à son héritage culturel et à ses valeurs fondatrices, définie par de grands champs disciplinaires(Repère 1) établis, forte de ses réalisations passées, inspirée par sa vision à figurer parmi les premières universités dans les domaines où elle œuvre et déterminée, plus que jamais, à aller de l’avant, l’UQAM assume pleinement les spécificités qui la distinguent.
Aujourd’hui, comme foyer intellectuel et scientifique et comme creuset culturel, l’UQAM, c’est :
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Note A : Les données quantitatives concernant les étudiants, les programmes et la recherche portent sur l’année 2007-2008 et sont tirées des documents suivants : «Statistiques d’inscription, Automne 2008, Résultats préliminaires» Registrariat; Rapport de l’Université du Québec à Montréal et de la Télé-université (Loi 95), 7 octobre 2008.
Note B : Les données concernant les ressources humaines sont tirées du site Web de l’UQAM « À propos de l’UQAM : l’UQAM en quelques chiffres»- Ressources humaines (au 1er janvier 2008) consulté le 17 mars 2008.
Note C : Les données concernant les facultés sont tirées du document «Registrariat, la population étudiante de l’UQAM, Statistiques d’inscriptions 2007-2008»