Enjeux et défis, contraintes et atouts
Les universités devant le monde du XXIe siècle(Repère 2)
Toutes les universités et l’UQAM elle-même sont aux prises à la fois avec des réalités structurelles nouvelles qui définissent le monde du XXIe siècle, dont déjà s’annonce une deuxième décennie, et aussi avec les données conjoncturelles (et porteuses de changement structurel) d’une profonde crise économique.
Il y a lieu de voir comment diverses réflexions externes à l’UQAM peuvent éclairer la communauté universitaire.
Une revue sommaire des écrits récents de l’UNESCO, de l’Association des universités et collèges du Canada (AUCC) et du Conseil supérieur de l’Éducation du Québec (CSE) permet d’identifier un certain nombre d’enjeux et de défis qui devront être relevés ou renforcés par les universités au cours de la prochaine décennie. Toutefois, il faut être conscient que ces études ont été produites avant le déclenchement de la crise économique mondiale et il va de soi que leurs conclusions doivent être appréciées en gardant à l’esprit cette conjoncture.
Voici donc les éléments essentiels de ces réflexions :
1- Selon l’UNESCO les dynamiques principales qui sont en train de transformer le paysage des établissements d’enseignement supérieur au niveau mondial se présentent comme suit :
- la demande d’éducation mondiale en croissance exponentielle;
- la diversification de la demande et de l’offre de formation (avec l’emphase mise sur des notions comme : équité, probité, adaptabilité, flexibilité, interactivité, collaboration, développement durable, assurance-qualité);
- la coopération et le développement de réseaux;
- l’apprentissage tout au long de la vie;
- l’impact des technologies de l’information et de la communication sur tous les aspects de l’apprentissage;
- la responsabilité sociale au regard de l’inclusion afin de répondre aux divers besoins des personnes et des communautés, notamment dans les régions.
2- Selon l’AUCC, les problématiques se formulent ainsi pour les universités canadiennes :
- encore là, la demande de formation, de recherche et de service aux collectivités croîtra de manière constante et les universités devront offrir à une population plus vaste et plus diversifiée des possibilités d’accès à la formation plus nombreuses et de meilleure qualité;
- les universités devront soutenir un nombre accru de professeurs qui feront de la recherche beaucoup plus complexe et qui s’engageront de manière encore plus active dans le service communautaire;
- les universités seront également confrontées à de nombreuses augmentations de coûts en raison de la concurrence internationale pour attirer les professeurs, de l’évolution de la composition de l’effectif étudiant, de la nécessité d’intégrer des étudiants présentant un parcours non traditionnel ainsi que des défis liés à l’entretien et à la rénovation des campus, dans un contexte de désengagement financier de l’État dans l’enseignement supérieur.
3- Le CSE énumère, pour sa part, un certain nombre de priorités de développement dans un horizon à moyen terme en vue de consolider le chemin parcouru par les universités québécoises.
Ces priorités s’articulent autour de trois défis principaux à relever :
- la poursuite de leur contribution au rehaussement de la scolarisation de la population pour répondre aux besoins de qualification initiale, de perfectionnement du personnel hautement qualifié, de formation de la relève scientifique, artistiques, culturelle et de formation des maîtres;
- le développement de la recherche et de la création en équilibre avec la formation et le service à la collectivité;
- l’articulation du lien des universités québécoises avec l’État et la prise en considération des besoins de la collectivité (repenser le contrat social entre l’université et l’État, entre l’université et la société en référence à des notions de gouvernance, de liberté académique, d’autonomie, d’éthique, de probité scientifique, de partenariats, d’imputabilité, de reddition de comptes accrue, etc.).
Le Conseil décèle toutefois des zones de fragilités pouvant mettre en péril les acquis des universités québécoises, même si des améliorations ont été observées au fil des ans. Ces vulnérabilités sont les suivantes :
- la détérioration du ratio d’encadrement professeurs-étudiants;
- des lacunes sur l’accès aux études universitaires (pour des populations à revenus modestes) ainsi que sur la diplomation pour des populations particulières (étudiants à temps partiel);
- une diminution du niveau des ressources financières consenties par étudiant dans le fonds de fonctionnement général des universités, en comparaison avec la situation observée à l’échelle du Canada;
- des interrogations sur les balises de développement des universités : mécanismes de gestion des programmes, développement d’antennes universitaires, modes de reddition des comptes pour rendre compte de la complexité et de la diversité des activités universitaires.
4. Deux grandes responsabilités ressortent également de l’examen des politiques québécoises et fédérales concernant les universités, enjeux qui gagnent en importance dans une économie et une société du savoir :
- la formation tout au long de la vie (notamment pour les personnes déjà formées qui doivent se requalifier pour rencontrer les exigences d’emplois hautement qualifiés);
- la nécessité d’établir de nouvelles formes de partenariats entre l’université et son environnement social et économique dans une perspective de diffusion, de mobilisation et de transfert de connaissances aux personnes et aux collectivités.
Enfin, en ce qui concerne le financement, toutes les études convergent dans le même sens : les universités se doivent d’innover dans la recherche de sources de financement car, en plus de la crise financière mondiale qui augmente les tensions et affaiblit la réalisation de la mission des universités, on constate une diminution de la proportion du budget de l’État alloué à l’enseignement supérieur dans la plupart des pays et tout indique que cette tendance devrait se poursuivre.
L’UQAM : contraintes, défis et atouts
Dans le contexte général d’enjeux et de défis que l’on vient de décrire, l’UQAM a ses propres contraintes, ses propres défis et aussi ses propres atouts. L’Université sort d’une période de turbulence ouverte à l’automne 2006 avec la révélation d’une dérive immobilière entraînant des effets financiers très pénalisants, mais qui s’achève au printemps 2009 avec la liquidation des ultimes conséquences de cette dérive. Parallèlement, l’UQAM a connu de multiples renouvellements, depuis un renouvellement de l’équipe de direction et du Conseil d’administration jusqu’à la conclusion de nouvelles conventions collectives de travail et d’un réajustement de son financement. Cela permet à l’UQAM de mieux faire face à ses contraintes et de mieux exploiter ses atouts en l’engageant dans la réalisation d’un plan stratégique pour les prochaines années.
Contraintes
Il convient de mettre en lumière les principales contraintes avec lesquelles l’Université devra composer au cours des prochaines années. Il y a des contraintes externes et des contraintes internes.
Contraintes externes principales communes aux universités
- Crise économique et financière affectant à la fois la capacité de l’État d’investir en éducation et la capacité philanthropique des fondations, des entreprises et des personnes à contribuer financièrement au soutien des universités;
- Démographie en déclin ou en stabilisation comportant le risque d’une baisse des inscriptions et des revenus;
- Concurrence intensifiée entre les institutions universitaires de la région montréalaise pour attirer et retenir les meilleures personnes pour la dotation des diverses catégories de postes et les meilleurs étudiantes et étudiants ainsi que leur part du financement public et des dons philanthropiques, et des subventions de recherche d’origine publique et privée. La concurrence entre établissements s’accroîtra aussi du fait d’une plus grande offre de formation à distance, notamment par l’utilisation de l’Internet;
- Diversification des effectifs étudiants, notamment en raison de l’immigration, et accroissement et transformation des attentes étudiantes à l’égard des membres du corps professoral des universités, par exemple leur capacité d’intégrer à la pédagogie et à l’enseignement les technologies d’information et de communication de pointe;
- Nouvelles attentes de la société et annonce de nouvelles règles gouvernementales, par voie législative, en matière de gouvernance institutionnelle mettant en cause la notion d’autonomie et accroissant l’exigence d’imputabilité;
- Capacité de renouveler les différents personnels, vu le départ à la retraite des « Baby-boomers », en recrutant de façon efficace, face à la concurrence des autres établissements, et en intégrant bien les nouvelles personnes;
Contraintes propres à l’UQAM
- Formule de financement par le Ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport qui méconnaît des caractéristiques majeures de l’UQAM.
- Perceptions négatives, défaut de crédibilité ou manque de confiance de certains milieux envers l’UQAM en raison des difficultés financières des récentes années;
- Capacité de renouveler l’organisation pour l’adapter aux besoins nouveaux, notamment en parachevant le processus de facultarisation.
Défis propres à l’UQAM
- Préserver ses idéaux fondateurs et ses valeurs originelles en sachant les adapter au monde du XXIe siècle;
- Renouveler ses activités et ses manières de faire en réponse aux attentes nouvelles du milieu et en exploitant les changements dans les technologies d’information et de communication;
- Réaliser son plan de retour à l’équilibre budgétaire et mettre en oeuvre son plan stratégique en sachant
réallouer, progressivement et de manière significative, ses ressources;
- Assurer l’ouverture efficace à l’internationalisation;
- Assurer un renouvellement de la gouvernance en préservant l’approche participative;
- Se démarquer par rapport à l’ensemble des établissements concurrents par des activités différentes et des manières de faire différentes et par sa capacité de mobiliser les connaissances;
- Faire de l’établissement un lieu stimulant d’études et de travail.
Atouts
Pour faire face à ces contraintes multiples, l’UQAM dispose d’une belle gamme d’atouts qu’il convient de rappeler :
- Des personnels qualifiés profondément attachés à leur établissement;
- Une habitude de la gestion participative;
- Des valeurs caractérisant l’établissement et le positionnant dans le milieu universitaire :
- ouverture au milieu;
- accessibilité et démocratisation;
- collégialité;
- volonté de pensée critique;
- volonté de réceptivité aux besoins et attentes des milieux.
- Un large spectre de grands champs disciplinaires rayonnant par près de 300 programmes d’études et de multiples activités de recherche et de création, notamment, dans des domaines nouveaux et inédits en milieu universitaire;
- Une expertise reconnue dans de multiples domaines et des liens de partenariats développés;
- Un bassin d’environ 200 000 personnes diplômées;
- L’appui d’une Fondation administrée bénévolement par des diplômés.
- Une localisation géographique privilégiée :
- au centre-ville de Montréal;
- branchée directement sur le noeud central du métro montréalais desservant aussi bien l’île que les rives nord et sud et en lien avec d’autres moyens de transport en commun;
- à proximité d’autres universités et de multiples institutions culturelles.
- Un campus moderne et fonctionnel;
- L’expérience du réseau de l’Université du Québec et l’interaction avec le réseau informel des établissements montréalais.
Tels sont les principaux atouts dont dispose l’UQAM au moment d’entreprendre une nouvelle phase de son développement et de son engagement au service du milieu.
