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UQAM-Plan stratégique 09-14
UQAM ›  Plan stratégique 2009-2014  › Repère 1


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Photo de l'exposition "L'UQAM en images"

REPÈRE 1


Les grands champs disciplinaires de l'UQAM

L’Université du Québec à Montréal réalise sa mission dans un ensemble diversifié de grands champs disciplinaires. Ces grands champs disciplinaires la définissent comme université et la démarquent d’autres établissements. La composition de la gamme des disciplines et champs d’étude où intervient l’UQAM, par ses programmes de formation aux trois cycles et par ses activités de recherche et de création, s’explique et se justifie à la fois par divers facteurs, notamment historiques. Dans le contexte de la préparation d’un plan stratégique, où l’on peut s’interroger sur l’utilité ou l’intérêt de ces champs disciplinaires, il convient de mettre en lumière les facteurs qui sont à l’origine de la réalité actuelle de l’UQAM et qui expliquent ce qu’elle est aujourd’hui et ce qu’elle peut devenir demain.

1. Décisions fondatrices de l’autorité politique
Si l’UQAM oeuvre dans un large spectre de disciplines, cela résulte d’abord de décisions fondatrices de l’autorité politique.
En effet, la Loi sur l’Université du Québec précise que chaque université constituante du réseau a pour objet « l’enseignement supérieur et la recherche » (article 30), sans limiter à priori les domaines disciplinaires où elle peut intervenir par ses programmes d’étude ou ses activités de recherche et de création. Les lettres patentes érigeant juridiquement l’UQAM, en date du 9 avril 1969, n’assignent pas non plus de limites de principe quant aux domaines disciplinaires. Le choix de l’autorité politique de permettre à l’UQAM d’oeuvrer dans de multiples champs disciplinaires a été soutenu jusqu’à ce jour. Cela est d’autant plus vrai que, dans le réseau de l’Université du Québec, l’autorité politique a aussi institué deux écoles supérieures en leur assignant à chacune un domaine disciplinaire précis et limité. Ainsi, la présence de l’UQAM dans de multiples champs disciplinaires répond à une volonté politique claire maintenue depuis 40 ans.

2. Origines et patrimoines institutionnels
En second lieu, en créant l’UQAM par le regroupement et l’intégration de cinq établissements préalables avec leurs patrimoines disciplinaires propres, l’autorité politique a assigné dès 1969 un ensemble de champs disciplinaires à la nouvelle université. Le collège Sainte-Marie a apporté les sciences, les sciences sociales, les humanités et une tradition ancienne de formation générale et fondamentale. L’École des Beaux-Arts a contribué les arts visuels; l’École normale Jacques-Cartier et deux autres écoles normales, tout le domaine de la formation professionnelle des personnels enseignants. C’est donc à partir de ces origines que l’UQAM a développé, jusqu’à aujourd’hui, ses champs disciplinaires. Clairement, en 1969 et depuis, l’UQAM a assuré la présence, au centre-ville de Montréal, d’une université francophone publique prenant la relève et élargissant l’effort de formation de cinq établissements préalables dont certains témoignaient d’une tradition plus que centenaire. Ce noyau disciplinaire originel a été pleinement assumé par l’UQAM et développé pendant quatre décennies. Les facultés et école de l’UQAM au début du XXIe siècle sont l’effet de l’intégration et de la maturation de plusieurs traditions pédagogiques et institutionnelles, chacune porteuse de disciplines et de champs d’études.

3. Un développement rationnel et responsable
En troisième lieu, il faut rappeler que, tout en développant ses champs disciplinaires et en explorant des domaines nouveaux, l’UQAM a fait preuve de rationalité et de responsabilité en se refusant à dupliquer aveuglement la totalité des objets de formation et de recherche auxquels peut aspirer un établissement de grande taille ayant une vocation de base à l’accessibilité. Ainsi, l’UQAM n’a pas cherché à intervenir dans des domaines bien couverts par d’autres universités (et souvent particulièrement onéreux) : médecine vétérinaire, médecine dentaire, médecine humaine, optométrie, sciences infirmières, réhabilitation, physiothérapie, pharmacie, agriculture etc. En outre, dans des champs disciplinaires que l’UQAM partage avec d’autres établissements, elle n’a jamais prétendu à toutes les spécialités. Ainsi, en sciences humaines, l’UQAM n’intervient pas, par la constitution de départements ou l’offre de programmes d’études, en anthropologie ou en criminologie, par exemple; de même en sciences naturelles, elle n’intervient pas en astronomie, ni dans la grande majorité des spécialités du génie, ni en physique nucléaire; ou encore en humanités, elle n’intervient pas dans les études géo-culturelles (« area studies ») telles les études russes et slaves ou néo-helléniques ou italiennes ou est-asiatiques, etc. Là aussi, le développement de l’UQAM a été réfléchi. Au moment de mettre en forme un nouveau plan stratégique, l’UQAM n’a pas davantage l’ambition d’investir de tels créneaux. En maintenant la gamme actuelle de ses grands domaines disciplinaires, l’UQAM démontre, comme elle l’a fait depuis ses débuts, que le développement universitaire peut et doit être rationnel et responsable. Cela dit, il incombe aux universités de proposer des programmes d’études à la société et il appartient à la société, à ses acteurs et à ses instances politiques, de déterminer les aires où elle valorise la duplication et la concurrence entre les établissements et celles où il est nécessaire de spécialiser des établissements en leur accordant des monopoles.
Par delà ces éléments, il faut rappeler que l’UQAM s’est engagée aussi, depuis longtemps déjà, dans le développement de programmes conjoints avec d’autres universités là où cette approche permet la constitution des masses critiques nécessaires à la qualité du programme et à sa bonne gestion.

4. Un développement triplement contrôlé à l’extérieur
Aujourd’hui, l’UQAM offre précisément 290 programmes d’études, dont 126 programmes de grades conduisant à un baccalauréat (56), à une maîtrise (43) ou à un doctorat (27). Il est très important de rappeler que le développement de nouveaux programmes de baccalauréat, de maîtrise et de doctorat à l’UQAM, depuis les débuts de l’Université, a été soumis à un triple contrôle extérieur. En effet, les projets de nouveaux programmes de grade ont été soumis à l’approbation (1) du Conseil des études de l’Université du Québec (lequel doit aussi approuver les programmes courts); (2) du feu Conseil des Universités auquel a succédé en 1993 la Conférence des recteurs et principaux des universités du Québec (CRÉPUQ) pour le jugement de qualité et de valeur scientifique et pédagogique du projet de nouveau programme; et (3) du ministère de l’Éducation pour la pertinence du projet et l’opportunité de le financer. En mettant en place une gamme impressionnante de nouveaux programmes de grade, l’UQAM a proposé des développements qui ont été acceptés par les instances de l’Université du Québec, le milieu universitaire et le gouvernement du Québec. Les approbations nécessaires, obtenues au terme d’un processus d’évaluation très exigeant, confirment et légitiment l’engagement de l’UQAM dans ses domaines disciplinaires. Cela dit, il faut rappeler qu’une pratique d’évaluation des programmes d’étude rigoureuse et correspondant aux standards de qualité en vigueur dans le milieu universitaire au Québec permet à l’UQAM de tenir à jour les programmes fondamentaux à caractère permanent et de statuer sur la pertinence et l’utilité des programmes courts.
Il faut aussi mentionner que les développements en recherche et en création dans ces champs disciplinaires ont pour leur part fait l’objet de multiples contrôles externes. Les subventions de recherche ou de création résultent d’un jugement favorable prononcé par des comités d’évaluation formés de pairs et de spécialistes. Il en va de même pour les subventions aux Centres et Chaires de recherche. Les développements en recherche et création sont donc aussi balisés rigoureusement par des contrôles externes.

5. Pertinence et utilité économique, sociale et culturelle
Les grands champs disciplinaires où intervient l’UQAM témoignent de pertinence et d’utilité économique, sociale et culturelle. Les programmes d’études sont fréquentés et les niveaux d’inscription constituent une mesure éloquente de leur pertinence pour les étudiantes et étudiants. En fait, lorsque fléchissent les inscriptions, les programmes en cause sont mis sous examen. Ceci peut conduire à des actions de relance de programmes en difficultés. Mais, lorsque cela est nécessaire, les programmes dont la pertinence ou l’utilité, en termes de fréquentation étudiante, apparaissent terminées, font l’objet d’une décision de fermeture des nouvelles admissions. Une soixantaine de programmes (essentiellement des programmes courts ne conduisant pas à un grade) ont déjà fait l’objet d’une telle décision et il s’en ajoute régulièrement.
Cela dit, la question de la pertinence ou de l’utilité économique, sociale et culturelle des programmes d’études, dans toutes les universités, défie les réponses simples et faciles. En fait, si la prévisibilité de besoins de ressources professionnelles peut être établie dans certains domaines, beaucoup d’autres besoins requerront des personnes formées dans des disciplines à caractère fondamental ou général. Souvent, ce sont de telles formations qui, malgré leur caractère général, préparent le mieux à des fonctions professionnelles nouvelles, imprévues, imprécisément définies. Il y a lieu d’être prudent avant de statuer sur la non pertinence de programmes d’études sans «utilité» pratique évidente.

6. La nature et la responsabilité intrinsèques de toute université
La nature et la responsabilité intrinsèques de toute université, depuis les origines de l’institution, sont de rassembler une gamme élargie de champs disciplinaires. Plus la gamme s’élargit, plus l’Université est accomplie; plus la gamme se réduit, plus l’Université se transforme en école supérieure spécialisée. Il n’est pas nécessaire à une université de rassembler tous les champs disciplinaires; cependant, une université n’est une université que si elle rassemble une pluralité de domaines disciplinaires. C’est le cas de l’UQAM.

CONCLUSION
Compte tenu des considérations qui précèdent, l’UQAM, dans le cadre du Plan stratégique 2009-2014, entend maintenir sa présence dans les grands champs disciplinaires qu’elle a développés, dans les conditions décrites ci-dessus, depuis 1969 et qui la définissent durablement, à savoir :

Cette présence sera balisée et encadrée par deux règles, compte tenu que l’UQAM dispose déjà d’un répertoire de 290 programmes différents aux divers cycles, dont 126 programmes de grade :

  1. Par une politique établie d’évaluation, l’UQAM s’assurera de la qualité et de la pertinence continue des programmes existants.
  2. Tout projet de nouveau programme devra s’inscrire dans un créneau porteur répondant à un besoin démontré pour lequel l’Université pourra prétendre à l’excellence en acquérant les moyens appropriés nécessaires à ce projet.

 

 

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UQAM - Université du Québec à Montréal  ›  Mise à jour : 18 septembre 2009